LES VOYANTES

    Arrêtons-nous quelques instants ici pour faire plus ample connaissance avec les quatre voyantes, au début des apparitions.

    La plus âgée, Conchita vient d'avoir 12 ans. Jolie brunette, pleine de vie et d'entrain, elle est la seule fille d'une veuve, Aniceta Gonzalez. Elle a trois frères plus âgés qu'elle, Serafin, Aniceto et Miguel. Ils possèdent un petit troupeau gardé par deux des garçons dans la montagne, tandis que l'aîné travaille dans les mines, au pays de Léon.

    Ils habitent une petite maison à l'extrémité du village. La cuisine familiale, à l'âtre surélevé, est pauvrement meublée. C'est là que nous allons assister à l'une des plus surprenantes extases de l'enfant.


PHOTO:  Mari Loli, Conchita, Mari Cruz et Jacinta.

    Maria-Dolorès, que l'on appelle Loli, est la seconde des six enfants du Maire, Ceferino Mazon. A tous égards celui-ci est la réelle autorité du village. Il tient une sorte de petit café où se réunissent les hommes. Loli souriante, silencieuse, obéissante, aide sa mère, et s'occupera plus tard, sans cesse, de Guadalupe, la dernière petite sœur. Elle a aussi 12 ans.

    Jacinta est une ravissante et fraîche petite fille. Ses parents sont parmi les plus démunis du village et leur maison est particulièrement pauvre. Pourtant l'accueil y est fort hospitalier. Très travailleur, le père est, de plus, un croyant à la foi inébranlable. La maman, Maria Gonzalez a un visage avenant comme celui de sa fille.

    Timide, réservée, Jacinta a 12 ans. C'est la plus secrète des quatre voyantes, et, peut-être la plus profonde.

    Maria-Cruz enfin. Plus jeune d'un an, elle est aussi grande que ses trois compagnes.

    D'un caractère plus renfermé, et d'une famille moins fervente: son père, dit-on, va peu à la messe.

    Dans la suite, elle aura les extases les plus profondes et les plus douloureuses, du moins apparemment ; les moins fréquentes aussi.

    Elle portera plus tard sur son visage le regret de ne plus avoir vu la Vierge depuis le 12 septembre 1962.

    De taille et de poids normaux pour leur âge, les quatre voyantes sont de solides petites montagnardes. De l'avis des médecins qui les ont examinées et réexaminées, elles ne présentent aucune anomalie physique.

    Si nous les comparons aux enfants de la ville nous trouverons leur développement intellectuel en retard de deux ou trois années! Il y a tant de choses qu'elles ne connaissent pas encore, n'étant jamais sorties de leur village natal... Garabandal ne possédait évidemment, ni télévision, ni cinéma!