ENTRETIEN DE TORRELAVEGA

    Devant témoins, le 8 septembre 1965, nous avons posé quarante-cinq questions écrites à Conchita et à sa mère Aniceta. Nous livrons en vrac, quelques-unes des réponses, gardant les autres pour l'avenir.

— Oui, j'ai écrit à Monseigneur l'Evêque la date du Miracle.[Cette lettre envoyée par la poste, n'est pas arrivée sur le bureau de Monseigneur Eugénio Beitia.]

— J'ai eu une « locution » de la Vierge le 2 juillet: je vous en écrirai la teneur à vous-même. Et une autre le 18 juillet, je vous l'écrirai également.

— Je pense entrer au couvent, et mes compagnes aussi, depuis les premiers jours des Apparitions. [Nous ne nous permettons aucune question à Conchita, à ce sujet, sauf celle que sous-entend la réponse suivante.]

— Aucun prêtre ne nous a mis cela dans la tête. Aniceta confirme cette affirmation.

Conchita reprend:

— Le Saint-Père, le Pape de Rome, verra le Miracle de là où il sera, et le Padre Pio le verra aussi.

— Oui, le Concile aura un succès extraordinaire.

— Après S.S. Paul VI, il ne manque plus que deux Papes avant la fin des temps qui n'est pas la fin du monde. La Sainte Vierge me l'a dit, mais je ne sais pas ce que cela signifie.

— J'ignore absolument la date de la fin du Concile, les difficultés éventuelles, l'éventualité d'un antipape, les catastrophes de tout genre dont on a parlé à propos de Fatima.

— J'entre chez les Carmélites Déchaussées Missionnaires à Pampelune. Je désire aller en Afrique parce que la vie de ces religieuses me plaît, et parce que j'aime les noirs.

— Mon départ de Garabandal ne gênera aucunement l'annonce du miracle. Je dirai la date à ma Supérieure, et, si c'est nécessaire, je la dirai aussi à mon Directeur spirituel.

    D'ailleurs la Sainte Vierge possède les moyens nécessaires pour qu'on connaisse cette date, même si mon Directeur spirituel et ma « Supérieure ne parlaient pas.

— J'entre au couvent à la fin de ce mois de septembre à Pampelune.

Aniceta intervient:

    « Elle est bien jeune... Mais Dieu qui me l'a donnée peut bien me la reprendre... »

Conchita qui a souri continue:

— Maman, si je me mariais je partirais aussi. Avec cette différence: je partirais avec un homme, alors que maintenant je partirai avec Dieu.

Nous insistons:

— Pourquoi partir si jeune au couvent, Conchita? [Conchita ne nous ayant pas consulté sur sa décision d'entrer en religion, nous ne pouvions en dire davantage.]

L'adolescente sourit de nouveau.

    Puis ses réponses reprennent. Elle parle d'un groupe d'Allemands qui ont annoncé des choses assez-fantaisistes, par exemple que le Saint-Père annoncerait lui-même la date du Miracle.

— Les Allemands se trompent, je n'ai jamais dit que le Saint-Père annoncerait lui-même la date du Miracle.

Aniceta les excuse:

    Ces Allemands comprenaient mal l'espagnol.

— On construira une chapelle en l'honneur de Saint Michel, après le Miracle. Je préférerais qu'on ne fasse pas comme à Lourdes, où je suis allée le 18 mai 1963, je préférerais la simplicité, la pauvreté.

— Il est très difficile que le village reste simple et pauvre comme au temps des apparitions, mais je le désire.

— Le plus grand danger que court la population de Garabandal, c'est l'orgueil.

    La principale vertu dans la vie chrétienne, c'est l'humilité. Une âme qui n'est pas très humble ne peut aimer Jésus, ne peut avoir une confiance totale en lui.

— Quand j'ai écrit au sujet de mon départ au couvent la lettre du 16 août, par ces mots: « aimer Jésus et par la médiation du Christ faire du bien au monde » je voulais dire ceci: « Jésus donne à l'âme son amour, et l'âme aime les autres de cet amour ».

— Oui, Mari Cruz a vu la Vierge. Ses rétractations sont dues à une opération mystérieuse du démon. Elle réaffirmera la réalité de ses extases après le Miracle.

On demande alors:

— Que se passera-t-il à Garabandal quand, Loli, Jacinta et Conchita étant parties, il ne restera plus au village que Mari Cruz répétant aux habitants et aux étrangers que les apparitions sont fausses?

    Conchita ouvre de grands yeux étonnés, elle ne s'est jamais posé ce problème. Elle se tait.

Dernière question:

 — Quand vous serez parties toutes les trois, on ne montera plus à Garabandal.


— Au contraire, c'est alors qu'il faudra y monter: on y viendra alors pour la Saint Vierge toute seule.