LE RETOUR DE SAINT MICHEL PROPHETISE

    Le lecteur retrouvera au chapitre XXVII la vie du village telle qu'elle fut entre l'apparition du 8 décembre 1963 et ce qui va suivre. Dans cet intervalle. Conchita et Loli - Jacinta aussi, peut-être - ont eu quelques « locutions intérieures ». Nous n'avons pas pu les « contrôler » suffisamment pour prendre la responsabilité d'en parler. De toute évidence, cette année entière 1964 fut pour les voyantes une période de méditation secrète, de recueillement personnel.

    Pour les montagnards et pour le monde entier alerté par la diffusion du Message, ces douze mois furent une halte de réflexion et de prise de conscience des responsabilités de chacun.

    Si l'on osait s'exprimer familièrement, on dirait: pendant un an, le Ciel a permis à la terre de reprendre son souffle. La terre a fait ce qu'elle a pu à sa manière. Puis le Ciel lui a retendu la main. Exactement le 8 décembre 1964.

    Dans une lettre du 12 janvier 1965, Conchita nous écrivait: « Votre brochure, l'Etoile dans la Montagne, me plaît beaucoup ».

    Cette petite phrase qui reconnaissait l'objectivité de la brochure dans laquelle le moindre détail avait été vérifié à plusieurs reprises reste pour nous un précieux encouragement.

    Dans cette même lettre Conchita ajoutait: « Le jour de l'Immaculée (8-12-64), la Vierge m'a souhaité la bonne fête, celle de mon nom de baptême. (Conchita est, en effet, un diminutif de Marie de l'Immaculée Conception). Elle m'a dit que le 18 juin prochain je verrais l'Ange Saint Michel. Et le 1er janvier 1965, j'ai vu la Vierge aux Pins.

    Le 24 janvier 1965, elle confirmait: « Je ne me rappelle pas si dans ma dernière lettre, je vous disais que le 18 juin, je vais voir l'Ange Saint Michel. En effet, la Vierge me l'a dit dans une « locution » le jour de ma fête, celui de l'Immaculée ».

    Comme elle nous l'annonçait, Conchita a bien vu la Vierge aux Pins, car nous avons appris de source sûre que le 1er janvier 1965 elle y a été surprise par deux petits bergers du village qui descendaient de la montagne avec leurs moutons, Joaquina, 12 ans, et Urbano, 9 ans. Cette extase a dû se prolonger pendant deux heures environ, comme semblent l'indiquer les « recoupements » faits depuis lors. Selon des témoignages dont nous avons le plus grand respect, et que nous livrerons plus tard, la Vierge du Carmel a parlé beaucoup, beaucoup, beaucoup... Aujourd'hui, nous ne rapportons que ce que Conchita nous en a écrit elle-même, le 2 février 1965.

    « La Vierge paraissait avoir le même âge que la première fois que je l'ai vue (le 2 juillet 1961), le même âge que pendant les années passées: environ 18 ans. Elle portait sa robe blanche et son manteau bleu azur. Une lumière prodigieuse mais qui ne fait pas mal aux yeux sortait de son corps et l'entourait tout entière. J'ignore si (en dehors de celle du 18 juin) les Apparitions recommenceront, soit pour moi, soit pour nous quatre. La Vierge donnera un nouveau Message, parce que, dit-Elle, l'autre (celui du 18 octobre 1961), on n'en fait pas de cas. La Vierge va donc donner son dernier Message ».

    «La Vierge ne me permet pas de dire la nature du Miracle, bien que je la connaisse, comme j'en connais la date que je ne pourrai annoncer que 8 jours d'avance».

    « Je ne puis non plus dire la nature du Châtiment que la Vierge m'a pourtant révélée comme à Loli et à Jacinta. Sauf ceci: il sera un effet de l'intervention directe de Dieu, ce qui le rend plus redoutable que tout ce qu'on peut imaginer. Il est moins terrible pour les petits enfants de mourir de mort naturelle, que de mourir du Châtiment. Que tous les catholiques se confessent avant le Châtiment, que les autres se repentent de leurs fautes».

    « Ce châtiment, s'il arrive et moi je crois qu'il viendra, se produira après le miracle ».

N.B. — Par « intervention directe de Dieu », Conchita veut dire que tout le monde verra que c'est Dieu lui-même qui enverra le châtiment. Celui-ci ne sera pas produit, comme le sont des guerres ou des révolutions, par l'action directe des humains, par leur ambition, leur orgueil, ou leur dureté, causes habituelles de nos malheurs.

    Voici deux extraits de lettres écrites après le 1" janvier 1965, à un vieillard éminent, religieux espagnol dont la santé est très ébranlée: « Soignez-vous bien lui dit Conchita. Vous devez vivre pour le Miracle ».

    Et Maria Dolorès confiante en la parole de Conchita écrit au même destinataire: « J'aurais bien envie de vous donner le Message qui sera bientôt révélé par Saint Michel. Mais soyez patient, parce que la Vierge sait ce qu'elle fait, et il faut attendre que nous le connaissions, vous et nous ».