L'APPARITION DE NOTRE-DAME DU CARMEL

    Enfin arriva, «le jour le plus heureux de leur vie» : le dimanche 2 juillet dans l'après-midi, vers 18 heures, Notre-Dame leur apparut. Ici nous ne pouvons que transcrire littéralement le cher «Diario» ( journal écrit par Conchita l'année suivante ).

    « A chacun de ses côtés un ange l'accompagnait. L'un était Saint Michel. L'autre, nous ne le connaissions pas. Il était vêtu de la même manière, on aurait dit qu'ils étaient jumeaux.

    A côté de l'ange de droite, à hauteur de la Vierge, nous vîmes un Œil de grande taille qui nous sembla être l'Œil de Dieu.

    Ce jour-là nous parlâmes beaucoup avec la Vierge, et elle avec nous. Nous lui racontions tout. Nous lui dîmes que nous allions au pré (pour les foins), que nous étions bronzées, que nous avions de l'herbe en tas. Elle riait beaucoup de ce que nous lui disions tant de choses.

    Nous récitâmes le Rosaire en la regardant. Elle le récitait avec nous pour nous enseigner à le bien dire.

    Au moment où nous terminions le Rosaire, elle nous dit qu'elle s'en allait. Nous lui dîmes qu'elle aurait dû rester un tout petit peu plus, qu'elle avait passé très peu de temps avec nous. Elle riait. Elle nous dit qu'elle reviendrait le lundi, et quand elle s'en alla, cela nous causa une grande peine!

    Après son départ, les gens venaient nous embrasser et nous demander ce qu'elle avait dit. Quelques autres personnes ne croyaient pas (à sa venue) parce que nous avions dit beaucoup de choses. Mais la majorité croyait à la Vierge parce que, disaient-ils, elle est comme une mère que sa fille n'a pas vue depuis longtemps. Alors sa fille lui raconte tout. A plus forte raison nous, qui ne l'avions jamais vue; à plus forte raison aussi, parce que c'était la Mère du Ciel.

    Ainsi se termina le dimanche 2 juillet, jour très heureux, parce que nous avions vu la Vierge pour la première fois. Avec Elle nous pouvons rester toujours parce que nous L'aimons, même sans La voir.»

DESCRIPTION DE NOTRE-DAME DU CARMEL

    Voici à présent la description de l'apparition, telle que Conchita s'efforce de nous la montrer.


    «La Vierge vient avec une robe blanche et un manteau bleu. Une couronne d'étoiles dorées. On ne lui voit pas les pieds. Les mains sont effilées. Le scapulaire au poignet droit. Les cheveux longs ondulés, couleur châtain foncé. La raie au milieu. La figure allongée, le nez allongé, la bouche délicate qui est très belle. Les lèvres un peu épaisses. La figure est basanée, plus claire que celle de l'ange. La voix est différente (de celle de l'ange), une voix très belle et très rare. Je ne sais pas l'expliquer. Il n'y a aucune femme qui ressemble à la Vierge, ni dans la voix, ni dans le visage, ni en rien.

    Quelquefois elle porte l'Enfant Jésus dans ses bras. Il est tout petit, petit comme un enfant qui vient de naître. Il a une figure ronde qui ressemble comme teinte à celle de la Vierge. Une gentille petite bouche. Une chevelure blonde un peu longue. De petites mains, une robe comme une tunique d'azur. La Vierge paraît avoir dix-huit ans.»

    Ne nous étonnons pas; il s'agit bien de Notre-Dame du Carmel. Après enquête nous avons découvert qu'en apparaissant au carme Saint Simon Stock en 1241, elle portait bien une robe blanche et un manteau bleu. C'est à une époque relativement récente qu'elle fut représentée vêtue de brun comme le sont actuellement ses fils et ses filles du Carmel. Pour souligner la chose, d'ailleurs, Conchita précise que le scapulaire, lui, est marron.

    A ce sujet, les enfants se sont étonnées longtemps de ce qu'il y eut, sur une des faces du scapulaire, une montagne dont elles ne comprenaient pas le sens. En Espagne, en effet, on dit: «La Vierge du Carmel» et non, comme en France, «Notre-Dame du Mont-Carmel».

    C'est seulement en novembre 1962 que nous eûmes la joie de leur donner la véritable signification de cette montagne. Ce jour-là aussi, Conchita nous décrivit la forme du scapulaire que porte au poignet Notre-Dame, et qui ressemble plus au manipule du prêtre à la messe qu'au scapulaire classique que nous connaissons.