Encore le Grand Miracle

Sa nature?

    Jamais nous n'avons eu l'indiscrétion de questionner Conchita sur la nature profonde du Miracle. Aussi la Providence nous en a-t-elle récompensé. Comme on venait de lui dire devant nous: « le Padre Luis Andreu est mort de joie, de l'avoir vu, au soir du 8 août 1961, nous hasardâmes une réflexion: « alors nous allons mourir nous aussi, le soir du grand jour? ». La réponse jaillit comme l'éclair: « non, Dieu nous donnera la force nécessaire pour en supporter la vision ».

    Depuis lors, il nous a toujours paru évident que si le Miracle à venir n'était qu'un phénomène stellaire préternaturel dans le ciel de Garabandal, la question d'en mourir de joie ne se poserait raisonnablement pas. Même s'il devait être, comme l'a répété cent fois Conchita, incomparablement plus grand que le miracle du soleil, à Fatima, le 13 octobre 1917.

Sa date?

    Compromettons-nous davantage.

    Toujours en septembre 1963, Conchita goûte à notre table, dans la maison voisine de la sienne.

    Elle fait honneur aux sucreries, et nous la taquinons gentiment sur l'esprit de pénitence recommandé par le premier Message. Elle rit de bon cœur. Subitement, elle se tait et se recueille. Son visage s'illumine et les mains presque jointes elle commence:

    « Le Miracle aura lieu en la fête d'un jeune martyr de l'Eucharistie. C'était un garçon qui portait la sainte communion aux chrétiens persécutés. Ses camarades le voyant passer voulurent l'obliger à se mêler à leurs jeux. Comme il s'y refusait, ils le lapidèrent et s'enfuirent. Vint à passer un soldat chrétien qui emporta le cadavre».

    — Mais c'est saint Tharcisius, ne peut s'empêcher de dire à haute voix l'un des assistants! Conchita ne bronche pas et reprend des gâteaux, comme si elle n'avait rien entendu.

    Après son départ, nous discutâmes entre nous. L'aîné du groupe conclut: « j'ai l'impression que Conchita a vu le spectacle pendant une de ses extases, et il me semble que la Sainte Vierge ne lui a pas dit le nom du martyr dont elle vient de parler. A mon avis, elle ne connaît pas le nom ».

    Sur ce sujet très précis, le « jeune » martyr de l'Eucharistie, bien des fois aussi, on nous a conseillé la plus grande réserve. « Parlez d'un martyr de l'Eucharistie, en général, mais n'insistez pas sur sa jeunesse ».

    Supposer une seconde qu'au sujet de Garabandal nous puissions nous en remettre à la prudence humaine, c'est nous demander de trahir notre mission. Nous sommes des témoins des faits, et nous témoignons de ce que nous avons vu, entendu et touché.

    En cette occasion, comme en d'autres, une seule chose nous importe, la parole et les gestes de Conchita.

    Nous n'y pouvons rien: si ce jeune chrétien dont l'adolescente nous a décrit et mimé le martyre était le saint Tharcisius de l'histoire authentique, le Miracle aurait lieu en la fête de Saint Tharcisius.

    Parler ainsi, nous le savons, c'est multiplier les difficultés au sujet de la date du Miracle. Car Conchita nous a également affirmé: « ce ne sera pas un jour de fête de la Vierge ». Elle a dit aussi à une de nos compagnes: « ce jour-là on pourra célébrer la messe en noir », ce qui signifie: ce ne sera pas une « fête double » selon le langage du rite romain, avant la dernière réforme liturgique.

    Or, au martyrologe romain, celui de nos pays d'Occident, la Saint-Tharcisius se célèbre le 15 août, fête de l'Assomption de Notre-Dame.

    Toute la question se ramènerait donc à connaître la date exacte de la mort du « jeune » martyr si ce dernier est bien, nous venons de le faire remarquer, celui de l'histoire authentique.

   

    Dans l'Eglise catholique, la fête d'un saint se célèbre habituellement le jour de sa mort.

    C'est le dies natalis, le jour de la naissance au Ciel.

    Saint Tharcisius est-il mort le 15 août, comme semble l'affirmer notre martyrologe?

    Que les historiens répondent eux-mêmes, c'est leur mission et leur devoir. Nous avons pleine confiance en eux, car ils sont par définition compétents et loyaux.

    S'ils le permettent, nous leur signalons l'une ou l'autre chose, en attendant leurs conclusions.

    Dans la Congrégation des Prêtres du Saint-Sacrement fondée par Saint Louis-Marie Eymard, la Saint-Tharcisius est fêtée à une autre date que le 15 août.

    Ils y a d'autres martyrologes, catholiques ou non, fort respectables.

    Dans le volume 8 de la Vie des Saints éditée par les Bénédictins de Paris, à la page 270, au sujet de Tharcisius on apprend ce que nous ignorions: « Le martyre de ce saint a eu lieu le lendemain de celui du pape Saint Etienne 1er, c'est-à-dire le 3 août.

    C'est tout à fait arbitrairement que l'auteur du martyrologe romain l'a placée le 15 août ».

    Le correspondant qui nous communique ce renseignement ajoute: « le 3 août est une fête semi-double ou de la férié, on peut donc, ce jour-là, célébrer une messe en noir ».

    Une étude très savante d'un ami historien nous parvient au dernier moment; elle parle aussi du 3 août.

    Que conclure nous-mêmes au sujet de la nature et de la date du grand Miracle?

    D'abord, ce que nous faisait écrire Conchita, avec insistance, au début de mars 1966: « soyez sûrs de la venue de l'Avertissement et du Miracle qui le suivra ».

    Ensuite, la réflexion de notre collaborateur et ami, le Docteur Apostolidès: « une prophétie n'en serait plus une si nous connaissions d'avance ce qu'elle signifie exactement, si nous pouvions deviner la date exacte de sa réalisation ».

    La nature et la date du Miracle sont « prophétiques ». Attendons dans la paix totale sans essayer de déchirer le voile qui les dérobe momentanément à notre regard.

    Sans oublier, jamais, que le Miracle lui-même est ordonné directement au Message, qu'il sera le signe des signes consacrant l'authencicité du Message que nous devons accomplir tous, immédiatement, et diffuser immédiatement aussi dans l'univers entier.