Le Sang des Hommes

    Qu'il s'agisse du châtiment éventuel, du miracle à venir, ou de celui de la Forma, de tout le reste d'ailleurs, on voit aisément l'ardent souci, la préoccupation constante des voyantes: le salut des âmes, de toutes les âmes du monde entier, croyantes ou non, chrétiennes ou étrangères à l'Evangile.

    Garabandal est d'abord, avant tout, médiation et rédemption spirituelle.

    Mais c'est aussi le souci et la préoccupation constante du sang des hommes : il ne faut pas que le monde soit frappé par la colère divine. Le châtiment éventuel de l'humanité hante les jours et les nuits des quatre filles Garabandal.

    Les apparitions de Fatima ont été reconnues par l'Eglise. Deux papes qui sont morts, deux Saints, en ont parlé spécialement.

    Le génial Pie XII d'abord, qui a consacré le monde au Cœur Immaculé de Notre-Dame du Rosaire en octobre 1942.

    Or, si l'on étudie les croquis des opérations de la dernière guerre on se rend compte qu'immédiatement après cette consécration la situation militaire s'est retournée.

    Commencez par El Alamein, voyez le débarquement des Américains en Afrique du Nord, passez par Stalingrad, arrêtez-vous à Guadalcanal et à Midway pour finir à Reims le 8 mai 1945, en la fête de Saint Michel.

    Par Marie, mère des hommes, et par le chapelet, Pie XII, le pape odieusement outragé et méconnu, a sauvé le monde de son temps. Comme autrefois, en des circonstances analogues, Saint Pie V l'avait fait, pour le sien, à Lépante.

    Le bon Pape Jean a offert à Fatima sa croix pectorale, celle qui reposait sur son cœur immense comme l'humanité, profond comme celui de Jésus.

    S.S. le Pape Paul VI, en proclamant Marie Mère de l'Eglise, à l'occasion de son discours clôturant la troisième Session du Concile n'a pas hésité à offrir la Rose d'Or au Sanctuaire de Fatima.

    Cela doit suffire, pensons-nous, à qui réfléchit.

    Or qu'est-ce que Fatima?

    Le salut des âmes d'abord, bien sûr: « Si vous ne vous convertissez pas... ». Mais aussi la crainte de la mort des hommes, le souci de leur sang: « des châtiments s'abattront sur l'humanité »...

    Certes, la victoire s'est annoncée dès la Consécration de 1942. Mais quel prix ne l'a-t-on pas payée!

    Cinquante millions de morts sur terre, sur mer, dans les airs, d'un bout du monde à l'autre bout. Y compris les horribles massacres atomiques au Japon.

    Après cela, la Corée, l'Indochine, l'Algérie et aujourd'hui le Viet-Nam.

    Quels sont les premiers responsables de ces hécatombes épouvantables aux yeux de quiconque croit à l'existence de Dieu et à son opération universelle, à la médiation maternelle de Notre-Dame?

    Ne craignons pas de le dire: ceux qui ont lutté contre le Message de Fatima; ceux qui ne l'ont pas propagé comme il se devait; ceux qui n'ont pas fait l'impossible pour avertir le monde des périls qui le menaçaient, pour l'aider de toutes leurs forces à y échapper, ou du moins à les atténuer.

    « Si l'on écoute mes demandes », avait dit la Vierge en 1917, le monde connaîtra la Paix.

    Pourquoi n'a-t-on pas écouté les demandes de Notre-Dame de Fatima?

    Parce que beaucoup de chrétiens ne les ont pas connues ou les ont méprisées; parce que beaucoup de responsables ne les ont pas fait connaître, ont lutté contre elles ou les ont ignorées.

    A ceux-là, notre équipe rédactionnelle composée d'anciens combattants jeunes et vieux, de veuves de camarades morts à la suite des guerres, ose dire:

    « Vous avez du sang sur les mains ». Et elle ajoute: « prenez garde, vous allez recommencer ».

    « Pour nous, Garabandal est la continuation et l'amplification de Fatima.

    Si vous méprisez les avertissements de Garabandal, comme vous avez méprisé ceux de Fatima, vous serez responsables des innombrables morts que causera le châtiment prédit.

    Vous ne voulez pas que le monde croie à Garabandal?

    Vous ne voulez pas que le monde se convertisse en accomplissant les Messages de la Vierge?

    Demain, vous serez plus coupables qu'hier et on vous haïra : votre incrédulité aura fait patauger dans le sang, dont vos mains sont déjà tachées depuis longtemps, l'humanité entière ».

    Rappelons ici la parole du grand Pape Pie XI offrant sa vie au début du cataclysme mondial de 1939. Pour essayer de le conjurer, il annonça à la radio: « oui, je donne ma vie pour la Paix. Or la vie est le plus grand de tous les biens naturels ».

    Nous aimons d'un amour sincère, profond, indéfectible tous les hommes. Nous professons qu'il faut les aider, les nourrir, les conduire à la promotion sociale, les réconforter et au besoin, mourir pour eux. Mais nous professons aussi et surtout que de tous les biens humains dont il faut se préoccuper, le plus grand c'est leur propre vie.

    En même temps que nous désirons la sanctification et le salut des âmes, nous devons nous évertuer à préserver les vies humaines en leur évitant le Châtiment.