Le Signe des Signes est Prophetisé

    Dans ce message, la Vierge demande de « visiter » souvent le Saint Sacrement. Aux voyantes, elle a demandé bien davantage: la communion fréquente. PHOTO: Conchita se signe avant de présenter son crucifix à l'Archange, 18 juin 1965.
 

    Est-ce parce qu'on communie relativement peu dans la montagne cantabrique où quelques relents de jansénisme subsistent encore? Peut-être.

    En tout cas, après les y avoir préparées comme il convenait, Saint Michel vint, de plus en plus fréquemment, porter aux enfants la Sainte Communion, l'Hostie restant invisible pour les témoins.

    Plus que cela, dès le 3 juillet 1962, Conchita annonçait, — avec la même fermeté qu'elle met à prédire aujourd'hui ce qu'elle appelle le «grand miracle pour la conversion du monde», — que le 18 juillet suivant, l'Archange lui donnerait la Sainte Communion, et que cette fois, la « forma » serait visible sur sa langue.

    Il existe des lettres, écrites authentiquement de sa main, et datées du 8 juillet 1962, où elle annonce formellement ce miracle à des personnes qu'elle invitait à venir y assister. Nous possédons deux photocopies différentes.

    Qu'on ne s'étonne pas de ces invitations de Conchita. A cette date les apparitions durent depuis plus d'un an. Les extases se sont multipliées d'une manière inouïe. Tout le monde a pu les contrôler et en étudier le contenu doctrinal. Des conversions étonnantes ont été enregistrées. Des santés — dont on s'occupera plus tard — ont été pour le moins affermies. Des prophéties des voyantes se sont réalisées. Le Père Luis Andreu est mort de joie surnaturelle. Les foules ont vu, de leurs yeux, le « char de feu » duquel est sortie un jour Notre-Dame du Carmel, et, une autre fois, « L'Etoile à très grande queue » qui s'est échappée de ses pieds. Le village, lui, connaît de plus les deux nuits des « Gritos » c'est-à-dire de la terrible vision du châtiment dont nous parlerons plus loin. Hélas! ces « signes dans le ciel », pas plus que tout le reste, ne suffisent encore aux familles, au village, à ce peuple, à leurs maîtres religieux ou autres. Et chacun assaille les voyantes sans se rendre compte, nous l'espérons, que pareille attitude paraîtra un jour un incompréhensible aveuglement intellectuel: « un miracle, un miracle, il nous faut un miracle! »

PHOTO: 18 juin 1965. Dans l'allégresse de son cœur, Conchita présente son Crucifix à Saint Michel avant d'en recevoir le Message qu'elle publiera le lendemain.

    Ce miracle exigé par la « gourmandise spirituelle » des « autres », les voyantes l'ont demandé tant de fois déjà à la Vierge et à « l'Ange », comme elles disent aujourd'hui encore, « pour qu'ils croient » insistent-elles.

    Et le 23 juin 1962, Saint Michel répond textuellement à Conchita seule: « A mon intercession et à la tienne, Dieu va le faire. — Pour qu'ils croient — Ce jour-là, la « Forma » sera visible pour tous, sur ta langue. Tu en connaîtras la date quinze jours d'avance ».

    Voilà pourquoi, après l'avoir annoncé à Garabandal dès le 3 juillet, Conchita écrit à ses amis le 8 suivant.

    Or, le 18 juillet 1962, à l'occasion de la fête annuelle du village, on dansait à Garabandal. La foule était nombreuse mais fort divisée: les uns étaient venus pour le bal, les autres, de loin les plus nombreux, pour le miracle annoncé. Ces derniers erraient, déçus, car le bal se poursuivait, il était déjà tard dans la nuit, et le miracle ne se produisait pas.

    Vers une heure du matin les danseurs s'étant retirés et les étrangers doutant de l'enfant, l'invraisemblable se produisit.