LE DERNIER MESSAGE

    Au matin du 19 juin, la maison de Conchita était de nouveau envahie. Comme nous l'avions constaté en 1962, l'extase de la veille lui avait rendu vigueur et santé, avait redonné plus de beauté et de modestie encore à son visage. Inlassablement, elle accueillit tout le monde pour les adieux, dédicaçant les images et les photos, baisant avec respect et tendrement tous les objets qu'on lui présentait. Puis, sans déjeuner, on partit à l'Eglise ou, de nouveau, tout le monde, communia. Enfin, vers une heure, sur le pas de la porte de la petite maison, on lut en espagnol et en français le texte du Message que Conchita avait écrit de sa main.

LE MESSAGE

Le Message que la Très Sainte Vierge, par l'intercession de Saint Michel a donné au monde.

L'Ange a dit: «Comme on n'a pas accompli, et comme on n'a pas fait connaître beaucoup au monde mon Message du 18 octobre (1961), je veux vous dire que celui-ci est le dernier.
Auparavant (le 18 octobre 1961) la Coupe se remplissait; maintenant elle déborde. (La Coupe de la Colère Divine.)
Beaucoup de prêtres marchent sur le chemin de la perdition et avec eux plus d'âmes.
A l'Eucharistie, on donne sans cesse moins d'importance.
Nous devons faire les efforts (nécessaires) pour éviter la colère divine qui pèse sur nous.
Si vous Lui demandez pardon, avec des âmes sincères, Il (Dieu) vous pardonnera.
C'est moi, votre Mère, qui par l'intermédiaire de Saint Michel, veux vous dire que vous vous amendiez.
Déjà, vous êtes dans les derniers avertissements.
Je vous aime beaucoup et je ne veux pas votre condamnation.
Priez-nous sincèrement, et Nous vous le donnerons (ce que vous nous demanderez). (Nous, c'est-à-dire: Dieu et Notre-Dame.)
Vous devez vous sacrifier davantage.
Méditez la Passion de Jésus.»

Trois petites notations de Conchita, elle-même.

1.    Les prêtres étant à des degrés divers, les pères des âmes, un plus grand nombre de celles-ci, en suivant ceux dont parlent le Message sont exposées à se perdre.

2.    Le Message est très précis: il s'agit de beaucoup de prêtres et non pas de tous ou de quelques-uns.

3.    Saint Michel intercède pour nous auprès de Dieu et de Notre-Dame. De plus, il est leur intermédiaire pour nous parler, nous protéger, nous aider de toute manière. On n'a pas suffisamment remarqué que la Sainte Vierge a demandé la construction d'une chapelle à Garabandal, non pas en Son honneur, mais bien en l'honneur de son archange Saint Michel lui-même.

    Evidemment, Conchita qui vit dans son petit village, ignore — de science personnelle — les erreurs doctrinales eucharistiques actuelles, les actions de grâces à la sauvette, la disparition des tabernacles du chœur des églises, la suppression des saluts du Saint Sacrament, des adorations de jour et de nuit, des quarante-heures, des processions publiques, etc...

    Mais ce qu'elle a su tout de suite, ce sont les réactions des prêtres du « Secteur de Puentenansa » dont fait partie Garabandal. Le premier jour, ils ont dit: « Il s'agit de nous ». Le lendemain, c'était plus fort: « il s'agit de tous les prêtres ». Le troisième jour ou le quatrième, ils allaient, nous a-t-on affirmé, protester à l'évêché de Santander.

    A la « révolution » que ne manquera pas de provoquer le message concernant « beaucoup de prêtres » nous préférons notre conversation, dans la cuisine de Conchita, avec son frère Serafin et deux montagnards.

    Sur les lèvres, dans les cœurs et dans les âmes de ces trois laïcs, nous n'avons vu et entendu que l'humilité et la bienveillance à l'égard du sacerdoce visé par Notre-Dame du Carmel. « C'est le père qui fait l'éducation de sa famille » disaient-ils. « Nos prêtres sont nos pères. Si certains ont des défauts ou commettent quelque faute, c'est parce qu'ils sont des hommes, eux aussi. Qu'ils nous donnent l'exemple, et nous serons de meilleurs chrétiens ».

    Pour calmer leurs craintes devant ce Message au sacerdoce, nous leur avons répondu:

    « Au début de la messe, le prêtre dit le premier et publiquement: "mes frères, je vous confesse mes péchés". Puis les fidèles répondent: "Père, nous vous confessons les nôtres". Conclusion: "nous sommes tous pécheurs". De plus, les prêtres nous enseignent la parabole du pharisien et du publicain. Nous savons tous que, seul, le publicain a été pardonné. Tout est donc simple et facile: il suffit que chacun, conformément à sa confession publique du début de la messe, s'agenouille à la place du publicain, du pécheur repentant de l'Evangile.

    Nous ne voyons pas qui pourrait s'offenser de ce Message et n'en pas remercier avec tendresse notre Mère du Ciel ».

    On l'a lu plus haut, il y avait à Garabandal, parmi tant de chrétiens exemplaires, des brebis galeuses.

    Des émissaires « collinistes » auxquels nous revenons.

    A cet égard, tout le monde doit savoir que Garabandal et son Message n'ont rien à voir avec les soi-disant révélations de celui qui, ne craignant pas le ridicule, se fait appeler « Clément XV ». Ce pauvre ex-Père Collin, réduit à l'état laïque et puis interdit, cherche par tous les moyens à s'annexer Garabandal. Il a été jusqu'à faire réimprimer notre tract au Canada, en ajoutant aux nôtres la signature et l'adresse de ses adeptes d'Edmonton. Ce procédé scandaleux juge un homme définitivement. Folie? Satanisme?

    Il y avait aussi d'autres adversaires de la hiérarchie catholique, candidats ou non à la papauté ou à d'autres dignités ecclésiastiques imaginaires. Baptisés ou non dans l'Eglise ou en dehors d'Elle, ceux-là vont profiter du Message pour attaquer notre sacerdoce.

    Il suffira de leur demander, même s'ils sont prêtres, de « se regarder » eux-mêmes, et de constater ce qu'ils sont devenus depuis qu'ils nous ont quittés ou déclaré la guerre.

    Entre fils de la même famille, entre les parents et les enfants, il n'y a pas d'autre attitude possible et valable, à l'occasion du Message, que celle résumée maladroitement mais avec loyauté dans la cuisine de Conchita.