LES EXTASES INDIVIDUELLES

    Quand la Vierge annonçait ainsi sa visite, ni les parents, ni les voyantes ne se couchaient. Nous passâmes des soirées chez Conchita, avec sa mère, son frère Serafin et d'autres visiteurs. Nous rencontrâmes ce soir-là ou l'un des jours suivants un capitaine de gardes civils, une dame venue des Iles Philippines, le Docteur Ortiz de Santander, important témoin, et Madame Ortiz, un industriel allemand protestant converti miraculeusement à Garabandal et son épouse espagnole, d'autres encore.

    Qui pourra dire le charme de ces soirées, de ces nuits d'attente, entremêlées de prières, de cantiques et de récits où chacun rendait grâce à la Vierge de sa délicatesse infinie.

    Au matin, achevant de réciter l'angélus, subitement Conchita se trouva à genoux. Elle était devenue d'une beauté éblouissante, supraterrestre. Son visage, naturellement agréable, s'était comme affiné, une sorte de lumière intérieure l'éclairait, elle semblait n'être plus qu 'amour tendu vers celle qui attirait son regard, au-dessus d'elle. Pourtant son corps avait un poids si extraordinaire qu'un des assistants, un homme solide cependant, la prenant sous les coudes, ne put la soulever.

    Les témoins nous avaient d'ailleurs dit: « quand elles sont en extase, quatre hommes ont déjà essayé de déplacer l'une d'entre elles, c'est impossible. »

    Se relevant alors, elle prit en main son crucifix, faisant sur elle-même un majestueux signe de croix comme le lui avait appris la Vierge auparavant. Elle présenta ce crucifix au baiser de Notre-Dame, et l'approcha des lèvres de chacun d'entre nous.

    Ensuite, sans un regard autour d'elle, elle monta il l'étage, fit baiser à la Vierge sur sa demande, une statuette de l'Enfant Jésus de Prague, et redescendit à la cuisine.

    Impossible de décrire l'attitude de la fillette, les yeux levés, ne regardant pas les marches qu'elle redescendait avec une majesté que l'on pourrait appeler un « port de reine ». L'apparition cessa, comme elle avait commencé, brusquement.

    Alors, l'enfant s'approcha d'une des assistantes, en lui disant: « la Vierge m'a donné un message pour toi ». Puis elle alla chercher une image sur laquelle elle écrivit quelques mots qui corespondaient aux préoccupations intérieures de l'étrangère, préoccupations absolument ignorées de l'enfant.

    Ce récit, de Novembre 1962, situe le climat et montre le déroulement des extases collectives ou individuelles de Garabandal.