LES EXTASES

    Sans doute ne s'est-il jamais présenté, dans l'Eglise catholique, un si vaste et si riche champ d'observation que celui de San Sébastian de Garabandal, en 1961 et 1962 surtout, en ce qui concerne les extases et ce qui s'y rattache.

    La commission de Santander, persuadée dès l'origine, de la non-authenticité des faits, s'y est, apparemment, peu intéressée. Nous disons apparemment car il est certain que si les principaux témoins ont été négligés, il en est d'autres qui ont parlé, ce qui explique la surprise, à Rome, en 1966, de Conchita apprenant par le cardinal Ottaviani que le Saint-Office était au courant de certains enfantillages dont nous reparlerons.

    En fait, la commission laissa le champ libre à un très grand nombre de personnes, prêtres et laïcs, qui ont observé les choses de près, ont enregistré les paroles des extatiques, ont pris des photographies, et ont livré leurs témoignages à des personnes dévouées à la cause mariale (par exemple au père Laffineur qui, en 1969, a remis à Rome une cantine de documents).

    Au milieu de tous ces témoins se détache la figure du docteur Ortiz, de Santander, qui s'est livré, sur les enfants, à des tests nombreux et à maintes observations rassemblées dans un rapport daté d'octobre 1962 [Une partie de ce rapport figure dans L'Etoile dans la Montagne du père Laffineur.]. Un même hommage concerne le docteur Puncerneau, auteur de deux ouvrages publiés en Espagne [L'un d'eux a été traduit sous le titre Phénomènes à Garabandal: 15 ans après.], et plusieurs autres médecins espagnols et français.

    Les lignes qui suivent se sont inspirées des témoignages du docteur Ortiz mais aussi et surtout d'autres témoignages publiés dans des ouvrages espagnols traduits en français.

    L'extase est un phénomène préternaturel dont l'existence est connue de l'homme moyen au même titre que les phénomènes de lévitation. Préternaturel signifie que ces phénomènes appartiennent à la fois au domaine naturel, qui est celui de la nature humaine et au domaine surnaturel qui est celui dans lequel sont transportées les extatiques.

    En d'autres ternies, on peut dire que les dons qui dépassent la nature (comme ceux qu'avait Adam et Eve avant le péché) sont des dons préternaturels. C'est le cas de l'extase, toujours temporaire.

       

    Les multiples extases survenues à Garabandal ont permis à des milliers de personnes d'assister à des spectacles qui vont tellement à rencontre des lois de la nature qu'ils peuvent sembler incroyables.

    Au début, Conchita, Jacinta, Loli et Mari-Cruz avaient leurs extases en même temps, chaque extase étant déclenchée par trois appels de la Vierge. Lorsqu'elles se trouvaient ensemble, leurs gestes, leurs actes étaient synchronisés. Le père Andreu en dit ceci: «Quand plusieurs sont ensemble en extase, leurs gestes et leurs paroles sont parfaitement simultanées et synchronisées; elles parlent et interrogent ensemble, poussent les mêmes exclamations de joie ou de peur. Et cela sans se regarder. Il est évident qu'elles agissent sous l'unique influence d'un être qu'elles voient et entendent ensemble.»

    Lorsqu'elles tombent à genoux en extase, leur chute est brutale et bruyante au point que les premiers temps les témoins pensèrent qu'elles s'étaient cassé les genoux. Aussitôt en extase, leur visage embellit, leurs traits s'adoucissent, leur teint change, elles sourient généralement et acquièrent une beauté remarquable. Elles ont les mains jointes, la tête rejetée en arrière et les yeux semblent regarder en haut et en avant.

    Les extatiques de Garabandal se déplaçaient soit à genoux, soit debout et même, comme l'a vu le docteur Ortiz «assises, les jambes étendues en avant, les mains jointes devant la poitrine en position de prière, la tête renversée en arrière, glissant sur le sol caillouteux comme si ce fût un doux tapis».

    Souvent, sans effort aucun, elles avancent avec une telle vitesse qu'il est impossible, en les suivant, de les rejoindre; elles conservent cependant une cadencé normale, semblant glisser. Lorsqu'elles marchent à reculons, le déplacement est plus impressionnant car alors le spectateur a la certitude qu'elles ne voient pas. Elles le font d'ailleurs aussi bien la nuit sans heurter les grosses pierres qui constituent le sol de la Calleja. On les a vues descendant de la pinède à reculons sans emprunter les indescriptibles petits sentiers par où on y accédait, sans souci de la végétation ou des dénivellations.

    Certains les ont observées, progressant à genoux sans changer d'attitude ni même se lever du sol, d'une façon absolument inexplicable, ou bien franchir à genoux le seuil de l'église sans que l'on puisse parler d'un saut ou d'un envol, ou bien encore avancer par glissades successives de plusieurs mètres.

    Bien qu'en général, en n'importe quel terrain et par nuit noire, elles évitent les obstacles, il leur est arrivé ce qu'on pourrait appeler des incidents de parcours, non dus au hasard ou à une maladresse (elles ne pouvaient être maladroites puisqu'elles étaient de parfaits instruments), mais à la volonté de la Vierge. Ainsi, le 22 août 1961, Mari-Cruz trébuche contre le seuil de la porte de l'église et tombe à l'intérieur suivie des trois autres petites. Elles forment alors un groupe que l'abbé José Ramon Garcia de la Riva qualifie de «tableau sculptural humain d'une majesté admirable».

    Elles se relevèrent sans le moindre appui!!!

    Une autre fois c'est Conchita qui, en marche extatique, s'abat à la renverse, sa tête heurtant fortement une pierre sur le sol. Il ne lui resta pas la moindre égratignure.

    Au cours de ces extases, elles parcoururent toutes les ruelles du village et entrèrent dans un très grand nombre de maisons (chez les personnes âgées ou malades en particulier). Elles y priaient pour les défunts de la famille, parfois devant un portrait. Au-delà de ces ruelles, elles s'en furent maintes fois au «carré», à la Calleja, aux Pins et au cimetière. Et comme le plus souvent les extases avaient lieu la nuit, ces déplacements nocturnes jusqu'à l'enclos des morts n'avaient rien de rassurant pour les rares personnes qui les suivaient alors, surtout quand elle pénétraient dans le cimetière pour s'arrêter à certaines tombes et y prier. Mais généralement elles ne franchissaient pas la clôture; elles passaient leur bras entre les barreaux du portail et tendaient le crucifix [Dès août 1961, les fillettes allèrent chercher leur crucifix au premier appel. Elles le mettaient dans leurs vêtements et le sortaient au troisième appel.] qu'elles avaient en main, le déplaçant sans cesse comme si elles le faisaient baiser par des êtres invisibles [Témoignage de Miguel, frère de Jacinta. Garabandal. Le village parle.].

    Durant des extases, il se produisit des faits curieux. Ainsi, il arriva que certaine voyante, au milieu de la foule, tombât en extase au contact des gens qui l'accompagnaient, son genou venant écraser le pied d'une personne. Celle-ci ne pouvait se libérer sauf exception. Un témoin affirme avoir pu le faire mais il ajoute qu'ayant retiré son pied, le genou de la voyante n'avait pas bougé, il était resté sans appui, séparé du sol par l'épaisseur du pied du témoin.

    Si elles tenaient quelque objet en main, il était rare que cet objet puisse leur être retiré. Pourtant, une fois, Conchita soupant près de l'âtre dans la cuisine, tomba en extase un verre plein de lait à la main. Elle sortit, courut vers l'église et s'arrêta pile devant le portail. Ceux qui l'avaient suivie la rejoignirent et purent s'emparer du verre resté plein.

    Mais quelques fois, ce phénomène d'adhésion d'objet à l'extatique se produisit aux dépens d'êtres humains. Cela eut lieu pour un religieux auquel Conchita resta agrippée de la main et qui dut se laisser entraîner pendant la course de la fillette. Il en fut de même pour Trinidad, fille d'une cultivatrice (Mme Piedad Gonzalez) qui, à la sortie de la messe, trempa les doigts dans le bénitier et, avant de se signer, tendit sa main aux extrémités mouillées à Conchita, laquelle, à l'instant même, tomba en extase. Trinidad ne put se libérer qu'au retour de la voyante à son état normal. Semblable phénomène garda unies la main de Teresa (sœur de Paquita aujourd'hui épouse de Serafin le frère aîné de Conchita) et celle de Mari-Cruz avec qui elle faisait une ronde.

    Le phénomène se produisit aussi pour du petit bétail. Conchita ramenant des brebis à la bergerie tomba en extase à l'instant où elle donnait une tape à l'une de ses bêtes. La laine adhéra aussitôt à la main de la voyante si bien que l'animal, obligé de la suivre, ne put être libéré avant qu'on lui ait coupé une touffe de toison au ciseau [Garabandal. Le village parle.].

    Une autre fois, dans des circonstances analogues, c'est Loli qui, intervenant auprès de Conchita, avait obtenu de son amie qu'elle lâche le mouton qu'elle tenait à son insu.

    Tous ces faits étant survenus en public, de nombreuses personnes peuvent en témoigner aujourd'hui.

    Ceci nous conduit à parler des relations entre extatiques et assistants ou entre leurs petites amies non en extase et elles-mêmes.

    Un spectateur ne pouvait rien obtenir d'une extatique par la parole ou par la force. L'enfant en extase était soustraite aux lois connues de la pesanteur. Alors qu'un homme dans la force de l'âge n'arrivait généralement pas à la soulever, une des trois autres petites y réussissait dans son état naturel. Si l'une perdait une chaussure au cours d'une marche extatique, seule une autre pouvait la rechausser. Si un assistant lui tendait un objet pour qu'il soit baisé par la Vierge, elle ne le prenait pas; il fallait attendre, le cas échéant, qu'une des petites filles non en extase intervienne. Parfois, comme nous l'avons vu pour la seconde histoire du mouton libéré, l'extatique réagissait à la voix d'une autre fillette, mais il y eut des cas où la demande devait être faite mentalement. L'extatique répondait de vive voix à semblable demande.

    Pendant les extases, de très nombreux spectateurs, sceptiques, ont demandé un signe, une preuve indiscutable. Les témoignages publiés sont très convaincants, de gens ayant fait mentalement un souhait et demandé des choses peu ordinaires, souhait aussitôt exaucé.

   Parmi les nombreux cas de personnes ayant fait semblables demandes aussitôt satisfaites, citons seulement deux exemples: a) Par nuit noire, alors que Conchita était chez elle en extase, un jeune homme du village se cache dans le jardin des Gonzalez envahi par les ronces, où se trouvaient les ruches, en pensant ceci: Si tout cela est vrai et vient de la Vierge, que Conchita grimpe jusqu'à ma cachette. Les curieux attroupés devant la maison virent alors sortir la fillette ; elle avança dans le jardin, grimpa le mur en passant près des ruches et découvrit le jeune homme. b) Une personne appartenant à un groupe peu favorable aux apparitions refusa trois fois d'embrasser le crucifix que lui tendait Conchita. Elle ne s'y décida qu'à la quatrième présentation. C'est alors qu'elle fit cette demande à Dieu: si tout cela est surnaturel, que Conchita me présente une fois encore le crucifix à baiser et qu'elle sorte aussitôt de son extase. Il en fut ainsi. On sut par la suite que cette personne était un prêtre.

    Tout porte à croire que la Vierge, percevant la prière mentale, faisait en sorte que la voyante agisse dans le sens demandé.

    De très nombreuses extases furent marquées par le fait que les enfants donnèrent à la Vierge des objets à baiser. Un témoin des premiers jours dit ceci: Avant l'extase, chacun de nous prenait une ou deux petites pierres qu'on identifiait et que l'on donnait aux fillettes en leur disant: que la Vierge bénisse celle-ci pour mon fils, pour ma fille ou une parente. Les enfants en faisaient un petit tas à côté d'elles et les tendaient vers leur vision lors de l'extase. Puis elles les laissaient tomber auprès d'elles sans regarder où c'était et, une fois l'extase terminée, elles les donnaient à chacun sans se tromper [Garabandal. Le village parle.].

    Par la suite Conchita, Jacinta, Loli et Mari-Cruz donnèrent d'autres objets à baiser, surtout des chapelets, des croix, des médailles, des alliances, des images et elles les remettaient à leur propriétaire sans la moindre erreur. Pepe Diez, un des principaux témoins des extases, affirme qu'il a vu les fillettes donner à baiser entre 100 et 200 objets: chapelets, chaînettes, médailles, alliances, tous mélangés, puis, sans regarder personne, les remettre à ceux à qui ils appartenaient. Une fois, l'une des petites filles remit à un homme une alliance que celui-ci refusa en disant qu'il n'avait rien donné à baiser; mais sa femme qui était là rétablit la vérité: c'était elle qui avait apporté l'alliance de son mari et l'avait confiée à la voyante avant l'extase.

    L'abbé José Ramon Garcia de la Riva [Mémoires d'un curé de campagne.] nous dit qu'un jour Loli passa à l'annulaire de la main gauche d'une dame l'alliance que celle-ci lui avait remise avant l'extase. Mais aussitôt l'enfant retira l'anneau et le plaça à l'annulaire de la main droite. L'abbé, témoin de la scène, se rendit compte que Loli avait du être avertie par Marie. La dame émue dit ceci: la Vierge sait bien que dans la région de Valence dont je suis originaire, l'alliance se porte à la main droite contrairement à la coutume espagnole.

    Enfin, citons le cas très curieux du poudrier en or, objet n'ayant rien en commun avec une chose pieuse, mais qui fut cependant présenté à Marie, à la surprise des témoins. Cela se passait chez Conchita a qui la Vierge dit que ce poudrier était quelque chose de son Fils. On sut par le propriétaire qu'il avait servi à apporter des hosties consacrées à des condamnés à mort, durant la guerre d'Espagne.

    Au cours des extases, il y eut quelques phénomènes de lévitation qui remplirent les témoins de stupéfaction car ils s'accompagnèrent d'attitudes si peu conformes aux lois physiques qu'elles semblaient invraisemblables. Pour beaucoup elles resteront incroyables.

    Nous avons vu Conchita, à Santander, rester en équilibre sur un coude. Un jour, à la porte de l'église où l'extase l'avait allongée par terre, alors qu'elle touchait le sol seulement par ses talons, on la vit se relever d'un seul jet sans prendre aucun appui de ses mains sur le sol. La maman de Conchita, elle-même, a vu sa fille, allongée en extase dans sa cuisine, s'élever de dix centimètres au-dessus du sol pendant une minute et demie [L'abbé José Ramon Garcia de la Riva, le docteur Ortiz, le brigadier Alvarez en furent les témoins. Le procès-verbal détaillé fut rédigé, signé et remis au curé pour qu'il l'envoie à l'évêque (Mémoires d'un curé de campagne espagnol).]. Semblable phénomène a été constaté en d'autres circonstances et l'on a pu photographier une lévitation. Une fois, à la porte de l'église, c'étaient deux paysans de Cosio qui, n'en croyant pas leurs yeux, passaient là main sous l'extatique pour y découvrir un invisible support.

    Une personne affirme avoir vu Loli, en extase, descendre plusieurs fois un escalier, lentement, le corps à l'horizontale, l'arrière des talons reposant seul sur les marches [Selon Mme Salisachs, femme de lettres espagnole, les phénomènes de lévitation auraient été particulièrement fréquents chez Loli.].

    Le père Luna qui fut un observateur bien placé lors de l'extase de Conchita du 18 juin 1965 a publié son témoignage dans lequel nous relevons: «Je la vis se lever de 60 centimètres environ, la main droite levée et sans appui aucun, pour tomber, quelques secondes après, sur les genoux, en produisant un craquement effrayant.»

    Le brigadier Alvarez nous donne un témoignage analogue: « ... Il vint quelque chose que je n'oublierai jamais tant que je vivrai. Je vis l'enfant (Conchita) quand elle était suspendue en l'air, dans le vide, sans que personne ne la soutienne ni qu'il y eût aucun point d'appui au-dessous d'elle [Extrait d'un article de la revue Parque de Barcelone, du 17 mal 1967].»

    D'autres faits étranges ne manquèrent pas de troubler les habitants de Garabandal: les quatre petites filles se tenant par le bras et franchissant ensemble le petit pont qui se trouvait jadis en face de l'église, lequel était notoirement trop étroit pour les porter de front; ou encore ces mêmes fillettes, dans la même attitude, c'est-à-dire alignées, passant par la petite porte découpée dans le portail de l'église.

    C'EST À CROIRE QUE NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL AURAIT VOULU FAIRE NAÎTRE À GARABANDAL, CHEZ LES PETITES FILLES EN EXTASE, À PLUSIEURS REPRISES, DES ATTITUDES TOTALEMENT CONTREDITES PAR LES LOIS PHYSIQUES, AFIN D'OUVRIR LES YEUX DE CEUX QUI S'ENTÊTAIENT À PROCLAMER QUE TOUT ÉTAIT NATUREL.

    Les extases se produisaient le plus souvent durant la deuxième partie de la nuit ce qui entraînait les assistants à faire le sacrifice de leur sommeil. Elles se produisaient journellement plusieurs fois et pouvaient durer des heures. Puis il arriva qu'un rythme fut établi par la Vierge. C'est ainsi que Conchita, en 1961, après le message du 18 octobre avait ses extases chaque semaine à des jours déterminés: Mardi, mercredi, vendredi et samedi. Il advint ensuite, un mois après le message d'octobre, que Marie espaça les rencontres et elle indiqua aux petites — bien malheureuses d'apprendre cela — la date des prochaines entrevues: Conchita pour sa fête (8 décembre), Jacinta le 16 décembre, Loli le 13 janvier, Mari-Cruz le 16 janvier et Conchita à nouveau le 27 janvier. A partir de ce jour, les extases reprirent plus fréquemment (sauf pour Jacinta lorsqu'elle en fut privée durant un mois).

    A compter du 1er mai 1962, les voyantes recevront fréquemment la communion invisible des mains de l'ange.

    Le 12 septembre 1962, ce fut la dernière extase de Mari-Cruz, et ces phénomènes prirent définitivement fin le 13 novembre 1965 par un dernier entretien entre Notre-Dame et Conchita.

    Nous avons dit qu'il y eut environ 2300 extases à Garabandal. Aniceta Gonzalez assista à toutes les extases de sa fille sauf deux (de plus, par esprit de sacrifice, elle s'en fut prier à l'église lors du miracle de l'hostie). Le père Valentin Mari-chalar assista à plus de 1000 extases, le brigadier Alvarez également; l'abbé José Ramon Garcia de la Riva fut témoin d'environ 200 apparitions, Pépé Diez tout autant, et bien d'autres personnes encore dont nous ignorons les noms. Quant aux habitants du village, ce fut pour eux un spectacle presque permanent durant la seconde moitié de 1961.

    Poursuivons par quelques remarques particulières concernant les phénomènes extatiques qui ont eu lieu à Garaban-dal sur des fillettes qui ont été reconnues saines, normales aussi bien par divers médecins que par les docteurs de la commission, et en qui on n'a jamais décelé le moindre signe qui puisse faire penser à des états hypnotiques ou hystériques.

    Les enfants en extase étaient insensibles aux piqûres, aux brûlures, aux chocs ou aux violents éclats des flashes. Leurs extases ne les fatiguaient jamais corporellement ou psychi-quement; leurs courses ne les essoufflaient pas, la pluie ne les mouillait pas. Les chutes comme les contacts avec le sol lors de leurs progressions, ne leur faisaient aucun mal. Quelles que soient leurs positions, leurs vêtements leur couvraient toujours les membres de façon décente. Leurs muscles étaient rigides, mais leurs articulations fonctionnaient normalement.

    Leur esprit était dans un monde surnaturel et elles ne se rendaient pas compte de ce qui les entourait. Comme le dira Conchita quelques années plus tard, lorsqu'en 1966 elle sera interne au collège de l'Immaculée Conception à Burgos: «Nous ne nous rendions pas compte. Nous étions avec la Vierge et nous poursuivions notre conversation avec elle sans savoir si nous courions ou non, si nous étions à genoux ou étendues par terre.»