L'EUCHARISTIE
ET
LE MESSAGE DE GARABANDAL

écrit par la Père Combe

    Notre Dame du Mt Carmel, à Garabandal, dans son Message, est encore plus explicite sur l'Eucharistie puisqu'elle déplore, je l'ai dit plus haut "qu'on donne de moins en moins d'importance à l'Eucharistie". N'est-ce pas nous inciter à retrouver "la Plénitude" insondable de ce Sacrement pour mieux en vivre et la proclamer?

    Pour ce faire commençons par observer de près comment la Sainte Vierge Marie s'y est prise pour enseigner à ses petites voyantes de Garabandal le Sacrement de l'Eucharistie. Pourrions-nous trouver une catéchiste plus autorisée?

La Présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie

    C'est bien là le premier point sur lequel la Sainte Vierge Marie attire notre attention à Garabandal.

    Dès le début de ses apparitions Elle conduit ses petites en extase à l'église, devant l'autel du Saint Sacrement, les fait s'agenouiller à la table de Communion et même sur le premier degré de l'autel — (ce fut le cas le 22 août 1961). Avant même de faire publier son premier Message (le 18 octobre 1961) — "II faut visiter souvent le Saint Sacrement" — Elle l'a fait pratiquer par ses voyantes. Et lorsque l'Evêque fit fermer l'église durant les extases pour éviter bousculades et désordres dans le Lieu Saint, la Vierge, dans l'obéissance à ces prescriptions, continua à conduire ses petites devant la porte, les faisant s'agenouiller en direction du Tabernacle ou les faisait parfois processionner autour de l'église.

    Réalisez-vous, Chers Amis, la scène de ces petites en extase devant Jésus-Christ, présent en son Eucharistie et en compagnie de sa divine Mère? Qui pourrait imaginer et révéler l'entretien indicible entre ces enfants et Jésus, sous le souffle du Saint-Esprit et sous la direction de la Sainte Vierge Marie Elle-même? Pauvres de nous! Nous réalisons trop souvent très superficiellement ou intellectuellement la réalité de cette présence substantielle du Seigneur parmi nous. Le sujet ne mérite-t-il pas réflexion approfondie?

    Il y a présence et présence.Des exemples: Celle de l'ami qui arrive chez vous, celle du voyou qui surgit à votre porte pour vous agresser, vous voler ou pire encore... horreur! celle de votre voisin indifférent, assis à votre droite dans le T.G.V., la tête sur son journal.

    Il y a bien des modalités aussi de présence. Voici cette maman qui pense souvent à son fils, parti au-delà des mers pour une entreprise: présence spirituelle. Un jour, le facteur lui remet une enveloppe. "Oh ! c'est mon fils qui m'écrit, c'est son écriture": présence médiatique. Un mois après c'est une cassette vidéo qui arrive. Elle la visionne sur l'écran: "Ah! c'est bien lui. Quelle joie de le voir ainsi dans son travail, dans son chez lui".

    Mais, après deux ans, un soir, voici qu'on frappe à la porte. C'est lui, son fils qui lui tombe dans les bras. C'est le bonheur éclatant de la présence réelle, vivante de son fils. Toutes les autres modalités de présence médiatisée ne peuvent se comparer à cette présence réelle, vivante, immédiate, d'une personne qui communie avec vous, de pensée, de cœur et de tous ses sens, dans un vrai face à face.

    Ces exemples concrets vont nous aider à mieux saisir la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie:

    1°) Ce n'est pas une présence médiatisée par quelque signe, comme un tableau, un objet souvenir, une cassette vidéo que l'on a remisé au placard et que l'on ressort, le dimanche, au repas familial.

    2°) Ce n'est pas une cérémonie pour évoquer le souvenir de sa personne, de sa parole, de sa vie... ni un manuel ou un livre sacré... C'est l'Emmanuel, Dieu Lui-même avec nous... Le Fils du Père, le Verbe, le premier-né de toute la Création "parce qu'en Lui ont été créées toutes choses, dans les Cieux et sur la Terre, les visibles et les invisibles. Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui. Il est avant tout et toutes choses subsistent en Lui. (Col. 1, 15 et ss.).

    3°) Ce n'est pas non plus l'Amour en abstrait et en phrases. "Il est, en personne, ce que veut dire le mot Amour". (Jean-Paul II). Il est l'Amour donné et envoyé du Père, l'Amour vivant, en chair et en os, mais glorifiés, avec un visage et un regard vivants; non pas le visage de ce corps inerte, défiguré, meurtri, transpercé par les supplices de la Passion et de la Croix et que l'on a déposé au tombeau. Oh non! C'est le visage lumineux, glorieux du Ressuscité, vainqueur de la mort. Son regard est sur vous. Il vous pénètre et perçoit la moindre nuance de vos pensées. Il vous écoute... Il vous parle...

    En août 1992, j'eus la joie de me rendre à Garabandal et d'y rester quelques jours. Surprise! Jacinte était au village en vacances avec son mari et sa fille. Dans un long entretien avec elle, Jacinte me raconte une fois de plus l'apparition du Sacré Cœur de Jésus. A la fin, je lui dis: "Ce face à face avec Jésus reste à jamais gravé dans votre mémoire. Pour moi, il illustre bien ce qu'est la présence de Jésus dans l'Eucharistie. C'est ce que je voudrais transmettre à tous les amis de Garabandal. Ne pourriez-vous pas m'écrire quelques lignes là-dessus? Elle me remit, deux jours après, sa feuille écrite de sa main. En voici la traduction:

    "Un jour que j'étais à "la Calleja", en l'année 1961, j'ai vu le Sacré Cœur de Jésus. Il ne m'a pas parlé, mais mon attention fut (toute) en ses yeux, si profonds et si pleins d'Amour qu'on ne peut y résister. Son regard est comme s'il vous enveloppe en Lui. Oui, je l'ai senti et je le sens encore son regard en moi qui me disait: "Je suis Tout. Personne ne me trompe. Je suis l'Amour vrai. Je suis Tout". Et ce regard!.. avec une paix et une sérénité qui n'a jamais pu sortir de mon cœur. Rien de plus. En union de prière".

Jacinta.

Dans le Sacrement: La Transsubstantiation

    Mais comment Jésus-Christ a-t-il pu se rendre présent dans l'Eucharistie? Que de fois n'ai-je pas eu à répondre à cette question au milieu de mes enfants du catéchisme. Je répondais: "Ça, c'est une bonne question. Mais avant de vous en parler, je vous pose moi aussi une question: Mes enfants, comment Dieu a-t-il pu créer tout l'univers"? La réponse jaillissait: "Avec toute sa Puissance".

    Bravo! Eh bien, pour l'Eucharistie, c'est aussi la Toute Puissance de Jésus-Christ qui explique tout.

    Mais pour l'Eucharistie nous sommes beaucoup mieux informés que pour la Création. Nous savons où et quand elle commença, comment Jésus procéda: ses gestes, ses signes, ses paroles. Tout cela est une réalité historique.

    Mais, évidemment, le principal, l'œuvre accomplie par sa Toute Puissance, vous allez le comprendre, échappe à notre observation par les sens. Seule notre Foi en Lui qui peut tout, est capable, avec le don du Saint-Esprit, de saisir cette réalité invisible. "L'Œuvre de Dieu, c'est de croire en Celui qu'il a envoyé". (Jean 6.29) "Et personne ne vient à moi si le Père ne l'attire". (Jean 6, 44-45).

    Ouvrons l'Evangile et le Missel et lisons lentement avec attention: à la dernière Cène, la veille de sa mort, Jésus-Christ dit à ses Apôtres: "J'ai désiré avec ardeur manger cette Pâque (un mot à retenir) avec vous, avant de souffrir... Puis, il prit du pain, il rendit grâces, il le rompit et le leur donna en disant: Prenez et mangez-en tous: Ceci est mon Corps livré pour vous". (Missel) De même, il prit la coupe de vin. De nouveau, il rendit grâces et la donna à ses disciples en disant: "Prenez et buvez-en tous, car ceci est mon sang... qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi". Quelle douceur liturgique! Et tout est dit avec des mots simples, pesés, concrets en même temps qu'avec un air de grandeur et de majesté naturelle. Tel fut l'événement historique où pour la première fois Jésus changea, par sa puissance infinie, le pain et le vin en son Corps et en son Sang, en Lui-même. L'Eglise appelle ce changement "la Transsubstantiation". Ne pourrions-nous pas. Chers Amis, y regarder de plus près?
 

Adoro te devote, latens Deitas, 
Quae sub is figuris vere latitas;
Tibi se cor meum totum subjicit, 
Quia te contemplans totum déficit.

Jesu, quem velatum nunc aspicio, 
Oro fiat illud quod tam sitio:
Ut te, revelata cernens facie, 
Visu sim beatus tuae gloriae.

Je vous adore avec amour, ô Dieu caché, 
réellement présent sous ces apparences:
Mon cœur se soumet à vous tout entier, 
Car en vous contemplant il déborde de bonheur.

Jésus, que je contemple, maintenant voilé, 
Je vous en prie, réalisez mon ardent désir:
Que j'aie le bonheur de vous voir 
Face à face, dans votre Gloire, Amen.

    Partons du concret. Voulez-vous, Madame, me mettre sur votre table 250 g de farine de blé complet, de l'eau, du sel, du levain. Donc, quatre corps différents qui ont, vous le voyez, leurs caractéristiques, la couleur, la densité, le poids, le goût, etc... Ce sont leurs propriétés, que nos théologiens appellent les apparences. Mais l'être de ces corps, c'est-à-dire la réalité profonde qui fait que chaque chose est ce qu'elle est, c'est la substance, disent nos théologiens. N'est-ce pas facile à saisir? Bien. Et maintenant à l'action... Je mélange peu à peu l'eau à la farine, je sale, je brasse pour éviter les grumeaux, j'ajoute le levain, je pétris... et voilà ma pâte bien prête qui va lever. En attendant, préparez-moi le four, bien chaud, à point... Nous y sommes? Bien. Sur ma palle, poudrée de farine, je façonne mes pains, sans oublier la grille. Et hop! dans le four.

- Mais vous êtes boulanger?

- Non, j'ai vu mon père, j'ai de qui tenir.

    Bon! arrive le temps de défourner... Regardez-moi ça. Oh! les beaux pains avec leur croûte d'or. Et ce fumet délicat, plus suave que celui du meilleur rôti aux sarments!.. Bon appétit, mes Amis!

    Eh! Je parie que vous ne pensez plus à la substance de la farine et des autres choses. Ces substances ont été changées, par union, en celle du pain croustillant. Ainsi, il y a bien d'autres changements de substances diverses, obtenues par transformation, par combinaison, par réaction, par assimilation, par nature ou autrement. Nous vivons, voyez-vous, au milieu de changements quotidiens, par exemple l'assimilation de nos aliments...

    Alors, pourquoi Dieu n'aurait-il pas le pouvoir, Lui qui est infini, d'opérer des changements plus prodigieux encore que les nôtres. Serait-ce irrationnel? Bien au contraire... Et il l'a démontre maintes fois. Aux noces de Cana, en Galilée, ne changea-t-il pas 600 litres d'eau en vin? Et du meilleur. C'était son premier miracle. Il aurait été capable de changer en pain les pierres du désert ou les cailloux des rues de Jérusalem, bondées d'enfants qui criaient: "Hosanna filio David"!... Eh bien, dans l'Eucharistie, le changement du pain et du vin au Corps et au Sang de Jésus-Christ est un prodige encore plus grand et plus mystérieux.

    Voyez donc: à la dernière Cène, quand le Christ prit du pain et dit: "Ceci est mon Corps (le mien)" la substance du pain passa et s'évanouit dans la substance du Christ lui-même, le Verbe de Dieu fait chair... mais, attention, sans que soient modifiée aucune des apparences ou propriétés de ce pain. De même pour le vin... Comment traduire en un mot approprié un tel passage si mystérieux? L'Eglise, au Concile de Trente a trouvé "transsubstantiation". Et c'est bien dit. Conforme à l'étymologie: trans: au-delà, substance (substare): ce qui soutient l'être, la chose. Ne disons-nous pas: j'ai fait un voyage transalpin, transocéanique, etc...?

    Mais voici une autre question qui naît à l'esprit: aujourd'hui, à la célébration de l'Eucharistie (la Messe), ce ne sont plus les mêmes conditions que pour le Jeudi Saint. Alors?

    Heureusement, mes Chers Amis, le Christ n'a vécu qu'une fois la veille de sa mort, qu'un seul Jeudi Saint, qui allait faire corps à tout jamais, nous le verrons plus loin, au Vendredi Saint tout sanglant de sa mort sur la Croix. Heureusement que cet événement si tragique, ce déicide du Verbe de Dieu n'ait eu lieu qu'une fois sur le Calvaire. Aujourd'hui, le Christ Jésus, vainqueur de la mort, est tout entier avec son Corps, son Ame et toute son humanité dans la splendeur de la Gloire. Il est le Christ en Gloire.

    Mais, le Jeudi Saint, en accomplissant ce merveilleux changement du pain et du vin, qu'a-t-il ajouté?... "Vous ferez cela en mémoire de moi". Ces paroles du Verbe incarné ce sont des paroles de Dieu qui font ce qu'elles signifient. Autrement dit, ce ne sont pas des "paroles en l'air" ou un vœu pieux. Ce que Dieu dit. Il le fait. Et donc, en ce Jeudi Saint historique, authentique, Jésus-Christ donna, bel et bien, le pouvoir et l'ordre à ses Apôtres de refaire ce qu'il a fait.

    Par conséquent, quand le prêtre que je suis par grâce de Dieu et par succession apostolique, célèbre l'Eucharistie et prononce ces paroles: "Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang" ce ne sont pas mes paroles à moi. Je les dis "in personna Christi" comme ministre du Christ. C'est donc Lui, et non pas moi, qui opère avec sa Puissance infinie, comme à la Cène du Jeudi Saint.

    Avec cette différence capitale qu'il faut bien comprendre: aujourd'hui, le Christ qui opère dans la célébration de l'Eucharistie n'est plus dans les mêmes conditions du Jeudi Saint, la veille de sa mort. Il est le Christ en Gloire, qui vit et règne avec son Corps, son Ame, toute son humanité glorifiée, auprès du Père, dans l'unité du Saint Esprit.

    C'est donc de là qu'Il opère par son prêtre ici-bas la transsubstantiation, d'une part, sans rien toucher aux propriétés ou apparence du pain et du vin, sans les modifier et d'autre part sans rien manifester non plus quelque chose de la splendeur de sa Gloire.

    Devant une telle puissance et une telle humilité de Dieu, que pouvons-nous dire?... Ce que l'Eglise dit elle-même dans sa liturgie, en deux mots de contemplation indéfinissable:

    "Mysterium Fidei"!

    0 Mystère de la Foi!

    Et s'il était besoin. Chers Amis, de vous illustrer cette Vérité capitale de notre Foi par quelques exemples, comment ne pas vous citer celui d'un Saint Thomas d'Aquin, le grand docteur de l'Eglise: il avait, de sa chambre, un accès direct à l'église... Il s'y rendait la nuit... C'est devant l'autel qu'un frère rapporta l'avoir vu en contemplation et avoir entendu la fameuse parole du Christ: "Tu as bien écrit de moi, Thomas, quelle recompense veux-tu?" Le Saint répondit: "Nulle autre que vous-même, Seigneur".

    Et Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d'Avila? Et plus près de nous le P. Charles de Foucauld, qui a vécu "de désert au désert" jusqu'à la solitude de Tamanrasset, en tête-à-tête, face à l'Hostie. Jésus-Christ est là. C'est "le Sauveur aussi réellement présent que quand il vivait en Galilée et en Judée et qu'il est maintenant dans le Ciel".

    Et Mère Guibret et le Bx. Pierre Julien Eymard et Saint Jean-Marie Vianney, notre Saint Curé d'Ars et tant d'autres, etc...

    Oui, la présence réelle, substantielle, vivante de Jésus-Christ en l'Eucharistie est bien la source indicible d'où jaillissent toutes les autres richesses de ce Sacrement dont je voudrais vous parler à la fin de cène longue lettre.

    Mais. avant de le faire, me revient à l'esprit cette parole de N.D. du Mont Carmel, à Garabandal: "On donne de moins en moins d'importance à l'Eucharistie". Ce "de moins en moins" n'est-il pas pour nous prévenir contre les attaques et déviations de toute sorte contre ce Sacrement? Si nous devons tenir notre lampe allumée, ne faut-il pas la garder des coups de vent?

Les hérésies sur la Présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie

    Pour faire court, je me bornerai à l'hérésie protestante, qui a produit la grande cassure dans l'Eglise latine et dont nous subissons encore les retombées:

    Luther — Ce moine, qui finit si lamentablement, croyait — au moins dans une grande période de sa vie — à la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Mais d'une façon erronée, par "impanation" (in pane: sur le pain). Qu'est-ce à dire? Voici: vous prenez une tranche de pain; sur cette substance vous faites descendre du miel ou de la confiture; vous avez dessus le pain une autre substance. Eh bien! pour Luther, la divinité de Jésus-Christ venait atterrir ainsi sur le pain eucharistique. Donc: deux substances.

    Calvin et ses disciples — Pour eux, le pain et le vin dans la célébration de l'Eucharistie ne sont que le signe, le symbole de Jésus-Christ, tout comme l'eau du baptême est le signe de la Grâce. Un exemple: vous recevez la photo de votre fils ou ami qui est au loin. Vous regardez: c'est bien lui. Vous pensez à lui; à ce moment c'est comme un courant réel qui passe entre lui et vous. Y-a-t-il une présence? Oui, d'une certaine façon, mais ce n'est pas une présence réelle. C'est une présence médiatisée, non substantielle et vivante.

    La nébuleuse de nos modernistes, elle, est plus subtile, mais toujours dans le sillage de Calvin. Suivez-moi: mes bonnes gens, vous célébrez la Cène, comme un repas religieux, dignement, avec une intention droite. Eh bien! c'est comme si vous aviez établi une communication directe avec le Ciel. Et c'est le Seigneur Jésus, lui-même qui vous repond: "Mes petits, message bien reçu. Je suis bien avec vous" ... Nos modernistes, à la suite de Leenhart (un professeur à l'Université de Genève), ont baptisé cette opération d'un mot long comme "un jour sans pain": "la transsignification" ou d'un autre aussi long que l'ennui "la transfinalisation". Mais l'air ne fait pas la chanson, mes amis. Votre trouvaille n'a rien à voir d'une présence réelle, substantielle, vivante, directe, telle que l'ont vécue les chrétiens catholiques et orthodoxes, tout au long des siècles, en remontant jusqu'au point de départ, le Jeudi Saint...

    Ces modernistes auraient-ils la prétention de nous affirmer que l'Esprit Saint qui conduit l'Eglise et qui la garde dans la vérité a grossièrement laissé dans l'erreur tous les chrétiens des 19 siècles passés, mais qu'à la fin il a fait la Grâce à ces messieurs de démasquer la tromperie? Allons donc!...

    Voyez-vous, Chers Amis, les conséquences de leur théorie. Puisque, selon leurs dires, le Christ n'est présent— et quelle présence — que dans la Célébration, pas besoin de Tabernacle... pour garder quoi? Pas d'adoration du T.S. Sacrement... Plus de bénédiction... Plus de génuflexion... Plus de Communion en dehors de la Cène! Et pourquoi une église? Une simple salle de réunion ne serait-elle pas suffisante? Et, pour une assemblée en prière, pourquoi la nécessité du prêtre? Un laïc ne serait-il pas aussi valable. Et pourquoi pas une femme; ne pourrait-elle pas présider?

    Et encore quoi?... Pauvres fous!

    Relisons le récit de la dernière Cène pascale de Jésus, le Jeudi Saint. Il ne dit pas: "Ceci signifie mon Corps, ni ceci contient mon Corps, ni ceci est le support de mon Corps..." Mais bien: "Ceci est mon Corps, le mien".

    Et à qui parle-t-il? A des hommes qu'il a choisis et formés, ses Apôtres . Et c'est à eux et pour leurs successeurs qu'Il a dit: "Vous ferez cela en mémoire de moi".

    Et ces paroles si claires n'étaient point celles d'un théologien, d'un prophète, d'un sur-homme, mais celles du Verbe de Dieu qui s'est fait chair pour notre Salut: Jésus-Christ.

    Si j'insiste sur ces erreurs modernistes, c'est bien parce que leurs fumées — nous le savons tous — sont entrées jusque dans des séminaires, dans des paroisses, dans des Communautés pour provoquer, au sein de l'Eglise, la grande débandade sur l'Eucharistie et le Sacerdoce.

    Et dire que Notre Dame du Mont Carmel, à Garabandal, depuis plus de 30 ans déjà, est venue pendant quatre ans et cinq mois nous en avertir, nous préciser par toute sa catéchèse ce qu'il fallait accomplir et ce qu'il fallait éviter. "Il faut visiter beaucoup le Saint Sacrement!... A l'Eucharistie on donne de moins en moins d'importance".

    Seigneur Jésus, nous avons fait les sourds, les suffisants, comme si nous pouvions quelque chose de bon sans vous... Quel gâchis de ne pas accueillir ce qui pouvait nous sauver. Serons-nous toujours un peuple à la nuque raide? Toujours en retard d'une guerre —je veux dire, d'un charisme majeur, comme pour Fatima—.

    Pitié et miséricorde. Seigneur, pour les pauvres pécheurs que nous sommes. Et donnez bien vite à votre Eglise de nombreux prêtres tout pleins de lumière et de ferveur eucharistique.

Père COMBE A.

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