DIALOGUE SOUS LA TENTE

    Le 10 septembre 1965, une famille française, les parents et leurs huit enfants, a dressé sa tente à deux pas de la maison de Conchita.

    Ce jour-là seuls restent sous la tente la mère et les deux plus petits.

    Par gentillesse, Conchita entre dans la tente avec l'interprète si dévouée, Eloïsa Deguia. Nous relatons textuellement le dialogue:

Conchita:

Vous avez de la chance d'avoir dressé votre tente en cet endroit (derrière la fontaine), c'est ici que Mari-Cruz a eu une apparition de la Vierge.

    Mari Cruz demanda à la Vierge de donner un signe, de faire un miracle, pour que la foule croie. A ce moment une étoile est venue se poser sur les pieds de la Vierge, et tout le monde a pu voir cette étoile.

    (Ceci se passait avant le miracle de la Forma du 18 juillet 1962).

— Conchita, ma petite malade que j'ai recommandée à vos prières, le 18 juin dernier, n'est pas guérie. Est-ce parce que je n'ai pas les mérites suffisants pour obtenir cette grâce?

On n'a pas plus ou moins de mérites. On est plus ou moins aimé. Celui qui n'a jamais entendu parler de Dieu n'a pas moins de mérites que nous; mais il est moins aimé.

— Quand même, la Sainte Vierge a bien choisi, en vous choisissant!

Quand la Vierge m'apparaît, son regard ne me fixe pas, ne repose pas sur moi. Il est circulaire sur les montagnes, il embrasse le monde entier, et son visage sourit à l'univers. Elle ne vient pas pour moi.

— Le tableau peint du couloir de votre chambre représente la Vierge. Il est beau. Ressemble-t-il à votre vision?

Non, ce n'est rien, c'est zéro en face de la réalité. On ne peut reproduire cette beauté.

    Conchita questionne à son tour: — Connaissez-vous Fatima?

— Un peu, j'ai entendu parler du miracle du soleil.

Le miracle de Fatima n'est rien en comparaison de celui qui se passera ici. Il sera beaucoup, beaucoup plus grand.

    A ce moment, l'interprète murmure à Madame X: « je pense qu'on verra la Vierge, elle-même ».

    Conchita qui a entendu, réplique aussitôt: « Non, non, ce n'est pas cela ».

  En une autre occasion, elle avait précisé sa pensée: « Si on devait voir la Vierge, ce serait une apparition, et non pas un miracle ».

    Après cela, levant les bras et les étendant, Conchita ajoute : « Ce sera beaucoup plus grand, beaucoup plus puissant qu'à Fatima. Les personnes présentes en seront tellement bouleversées qu'aucune ne repartira en doutant. Il faudrait que le monde entier soit présent au Miracle, car alors il n'y aurait sûrement pas de châtiment puisque tout le monde croirait ».

*    *    *

Madame X:

— Tous les malades présents seront-ils guéris?

Non, pas tous, ni quelques-uns. La Vierge n'a pas dit « todos », ni « unos », mais « los ». Elle a dit: « les » malades seront guéris.

    D'elle-même, l'adolescente continue:

La Vierge rit, sourit beaucoup. Elle n'inspire pas la crainte.

— Alors elle est très bonne! Bonne comme une mère?

Non, plus qu'une mère. Elle est bonne comme une amie, car nous pouvons lui dire tout ce qui nous passe par la tête. Elle nous comprend, elle nous aide.  Elle riait et même jouait avec nous. Elle est allée jusqu'à donner sa couronne à Loli pour que celle-ci puisse s'en amuser. Loli mettait la couronne sur sa tête, tout en craignant de se brûler aux étoiles. Avec une mère on n'est ni aussi libre, ni aussi confiante qu'avec la Vierge. On ne dit pas ses fautes à sa mère, et on ne lui révèle pas ses défauts!

PHOTO: Mari Cruz et Jacinta répondent au troisième appel et courent à l'endroit où la Vierge les attend.

— On t'emmène en France, chez nous. On te montrera Sainte Bernadette, à Nevers. Son corps, son vrai corps, non corrompu est dans une châsse. On la voit habillée en religieuse, et les gens viennent prier devant elle. Ce serait si beau pour toi, de voir cette châsse.

    Oh! Quand on a vu la Vierge, rien n'est plus beau! L'interprète murmure à Madame X, en français:

— Eh bien, quand elle sera morte, on la mettra aussi dans une châsse, et on viendra aussi la prier!

    Conchita extrêmement intelligente et maintenant habituée à entendre parler notre langue a deviné. Elle éclate de rire et porte l'index au front comme pour dire: n'êtes-vous pas un peu folle?

    Après cela, son visage devient grave, grave, elle se recueille:

Si Dieu le désire ainsi, pour que les gens prient davantage, moi je veux bien. Mais pour moi ce n'est pas la chose importante, ce n'est qu'une petite chose.