CONCHITA RELIGIEUSE?

    Dans Tout le peuple l'écoutait, M. l'abbé Robert François nous dit, au sujet des quatre petites filles qui voulaient devenir carmélites: «C'était à leurs yeux candides la meilleure façon de s'attacher à Marie et à son Fils.»

    Jacinta avait envisagé d'aller au Carmel de Saragosse, mais ni elle ni Loli n'allèrent au couvent. Guidées par le Padre Luna, en 1965, elles se rendirent comme internes au collège de Borja (province d'Aragon), tenu par les sœurs de charité de Sainte-Anne.

    Quant à Conchita, son désir de se faire religieuse était antérieur à l'époque des apparitions. Quand les trois voyantes demandaient à Notre-Dame du Mont-Carmel si elles entreraient dans les ordres, elle ne leur répondait pas.

    Il en fut de même au cours de la locution du 20 juillet 1963 lorsque Conchita, songeant à sa vocation, demanda à Notre Seigneur: «Que serai-je?» Jésus ne lui répondit pas mais lui dit que partout et toujours, elle aurait beaucoup à souffrir.

    En juin 1965, pendant une autre locution [C'est le Christ Lui-même qui mentionne cette locution au cours de celle du 13 février 1966 que l'on va lire.], l'adolescente demanda au Christ si elle se ferait religieuse, et Notre Seigneur lui répondit: «Tu trouveras partout Croix et souffrances.»

    Malgré ces silences, Conchita persista longtemps dans son désir d'être religieuse, religieuse missionnaire en Afrique. Elle nous le dit personnellement dans la deuxième quinzaine de septembre 1965. Comme nous possédions une collection de diapositives sur l'Afrique Noire, elle accepta que nous lui fassions des projections, chez elle, lors de notre prochain voyage à Garabandal, lequel eut lieu en octobre de la même année.

    Le mois suivant, le 13 novembre 1965, Conchita eut sa dernière extase aux Pins. Elle avait sur elle un crucifix que la Vierge baisa. Marie tenait l'Enfant dans ses bras; elle dit à Conchita: Place-le (le crucifix) dans les mains de l'Enfant. Ce que fit Conchita qui demanda ensuite à l'Apparition: «Cette croix, je l'emporterai avec moi au couvent?» Elle n'obtint aucune réponse.

    A cette époque, la mère de la jeune fille avait donné son accord pour que sa fille aille au couvent de Pampelune, mais pour le faire, en union avec le Padre Luna, elles attendaient la réalisation d'un voyage à Rome.

    Un mois plus tard, le 11 décembre 1965, Conchita écrivit au père Alba de Barcelone [Journal de Conchita.]:

    «Je vous demande pour moi et pour mes amies vos prières car nous en avons grand besoin, pour que nous soyons plus humbles et que nous donnions à Jésus ce qu'Il attend de nous; aussi pour que nous devenions religieuses, pour servir Dieu et servir aussi nos frères dans le besoin. C'est là notre désir, mais nous sommes très faibles et nous avons besoin que l'on nous aide.»

    Le voyage à Rome se fit dans les conditions que l'on connaît; puis, revenue à Garabandal, Conchita entra au couvent de Pampelune avec l'intention de devenir carmélite missionnaire. C'était le 7 février. Six jours plus tard... mais écoutons Conchita:

    «Le dimanche 13 février 1966, au moment de commencer mon action de grâces, après la communion, j'ai reçu tout à la fois une grande joie et une tristesse encore plus grande, ainsi qu'une déception. J'ai entendu la voix du Christ qui me disait:

    «"Conchita, tu es venue ici au collège pour te préparer à devenir Mon épouse et tu dis que c'est pour Me suivre. Ne dis-tu pas, Conchita, que tu veux suivre Ma volonté? Eh bien, toi, maintenant, c'est la tienne que tu veux accomplir.

    «"En sera-t-il ainsi toute ta vie? Je t'ai choisie dans le monde pour que tu y restes, pour que tu affrontes les nombreuses difficultés qu'à cause de Moi tu y trouveras. Tout cela, c'est Moi qui le veux pour ta sanctification et pour que tu l'offres pour le salut du monde.

    « "Souviens-toi qu'en juin tu m'as demandé si tu te ferais religieuse. Je t'ai répondu: 'Tu trouveras partout la Croix et la souffrance.' Je te le dis maintenant de nouveau.

    «"Conchita, as-tu jamais senti que Je t'appelais à devenir Mon épouse? Non. Et c'est parce que Je ne t'ai pas appelée."

    «Alors je Lui ai demandé: "Et comment sent-on que Vous nous appelez à devenir religieuses?" Il m'a dit: "Ne t'inquiète pas de cela, tu ne le sentiras jamais."

    «Je lui ai dit: "Alors Vous ne m'aimez pas, Jésus?"

    «Il m'a répondu: "Conchita, c'est toi qui Me demandes cela? Qui t'as rachetée? Accomplis Ma volonté et tu trouveras Mon Amour."

    «"Examine-toi bien. Pense davantage à ton prochain. Ne crains pas les tentations. Si tu demeures fidèle à Mon Amour, tu vaincras les nombreuses tentations qui t'attendent. Comprends intelligemment, spirituellement ce que Je t'ai dit. Ne ferme pas les yeux de ton âme. Ne te laisse tromper par personne. Aime l'humilité, la simplicité. Ne pense jamais que ce que tu as fait est considérable. Pense à ce que tu as à faire, à ce que tu dois faire, non pas pour gagner le Ciel mais pour sauver le monde, pour que tous accomplissent Ma divine volonté. Que l'on sache que toute âme qui se prépare, que toute âme bien disposée à M'écouter saura quelle est Ma volonté.

    «"Je tiens à te dire, Conchita, que tu auras beaucoup à souffrir, d'ici au Miracle, car bien peu nombreux sont ceux qui te croient. Ta famille elle-même croira que tu les as trompés. Tout cela c'est Moi qui le veux, comme Je te l'ai déjà dit, pour ta sanctification et afin que le monde accomplisse le message. Je veux te prévenir que le reste de ta vie ne sera qu'une souffrance continuelle.

    «"Ne recule pas. Dans la souffrance, tu Me trouveras, Moi, ainsi que Marie que tu aimes tant."

    «Je lui ai alors demandé si Rome aussi ne croirait plus. Il ne m'a pas répondu. Puis Il m'a dit: "Ne t'inquiète pas de ce que l'on te croit ou de ce que l'on ne te croit pas. C'est Moi qui ferai tout, mais Je te donnerai aussi la souffrance. Je suis auprès de celui qui souffre pour Moi [C'est le Christ Lui-même qui mentionne cette locution au cours de celle du 13 février 1966 que l'on va lire.]."»