LES FAITS DE GARABANDAL

Des Témoins parlent...

Conférence de

Don VALENTIN MARICHALAR TORRE
Curé de Cosio (Santander-Espagne)
et qui fut au temps des Apparitions
Curé de Cosio et de S. Sebastian de Garabandal

Au Congrès Mondial d’Etudes Mariales
de LOURDES 18-20 Août 1978
 

LA LEÇON DE GARABANDAL

Don Valentin Marichalar Torre, qui fut 20 ans curé de Garahandal et qui fut présent à quasi toutes les apparitions, présente son salut à l’assemblée...

LES JEUX DES PETITES FILLES AVEC LA VIERGE

    Dans son Journal, Conchita évoque délicieusement une des extases les plus heureuses, dont les petites filles de Garabandal firent l’expérience. Elle dit : "cette nuit, nous jouâmes à cache-cache avec la Vierge. Deux d’entre nous se cachaient et l’autre nous cherchait ".

    Surprenant!.. Ineffable!..." Jouer avec la Vierge!.."Rien moins qu’à cache-cache! La Vierge prenant plaisir aux joies et aux jeux innocents des petites filles et y prenant part!..

    Aussi bizarre que cela puisse nous paraître, Conchita le décrit avec une telle simplicité et un tel relief, qu’on ne peut douter qu’elle dit la vérité. Nous l’avons déjà dit. A Garabandal, la Vierge use d’innocentes petites filles pour nous faire voir qu’elle est toujours avec nous : quand nous prions, travaillons, souffrons, et quand nous nous récréons... Cela concorde parfaitement et en vérité avec la doctrine de la présence sanctifiante de Marie dans toute la vie chrétienne. Considérons d’un esprit ingénu ces bienheureuses récréations des petites filles avec la Vierge et nous apprendrons à sanctifier les nôtres.

    L’extase dont nous parlons est vraiment un événement. Elle eut lieu dans la nuit du 14 au 15 Août 1961, heureuse vigile de l’Assomption de Marie aux cieux. Son récit est vraiment enchanteur. Nous le tirons du Journal, avec son orthographe et syntaxe particulières ; il vient aussi des témoins. Savourons sa lecture:

    "Selon sa promesse, Elle vint le lendemain et nous dit comme la veille: "Dites le chapelet".

    Et nous commençâmes le chapelet, et ce soir-là, nous sommes allées aux endroits où la Vierge nous était apparue au commencement. Et après, les gens disaient de nos extases que nous étions montées aux pins et que nous avions été d’un pin à l’autre, à genoux, en priant. Jusqu’alors, dans toutes nos extases, nous avons été toutes les quatre ensemble, Jacinta, Loli, Mari Cruz et moi, Conchita; mais maintenant nous commençames à être chacune dans nos maisons; quand la Vierge nous appelait, c’était sans être ensemble. Ce jour-là, Mari Cruz qui avait eu une apparition était allée se coucher, et nous, nous étions en train de voir la Vierge, et nous, nous avons dit à la Vierge qu’elle nous dise une chanson pour aller la chanter à Mari Cruz. Et nous, nous disions un mot, et la Vierge en ajoutait un autre. Les chansons sont les suivantes:

"Lève-toi, Mari Cruz,
Elle vient, la bonne Vierge,
Avec un panier de fleurs
Pour sa petite fille."

"Mari Cruz, Mari Cruz,
Ne jette pas les lis.
La Vierge te les a portés
Pour que tu soies meilleure!"

"Mari Cruz, Mari Cruz,
Quelle peine tu nous fais!
Prie beaucoup la Vierge
Qu’elle revienne à toi."

    Cette nuit, la Vierge resta avec nous de 9 heures du soir à 7 heures du matin; cette nuit nous avons joué à cache-cache avec la Vierge; deux d’entre nous se cachaient et l’autre nous trouvait." (Journal de Conchita).

    En extase, après le chapelet de 9 heures du soir, elles récitèrent un autre chapelet en extase et sortirent du village. Puis elles se mirent à maintes reprises à entrer et sortir de l’église; quand elles se rencontraient elles s’embrassaient et se réjouissaient beaucoup.

    Conchita tomba en extase à la fontaine et Loli chez elle. Comme Mari Cruz et Jacinta, elles firent des tours à travers le village; elles s’embrassaient quand elles se rencontraient. Elles se séparèrent et à une heure, Jacinta arriva seule en demandant où elles étaient; elle sortit jusqu’à ce qu’elle les rencontre. Pour commencer, elles sortirent ensemble et se séparèrent; pour finir, elles s’en allaient chacune àsa maison et en arrivant au seuil, elles retrouvaient leur état normal. Cela fut vers 11 h 30. Mari Cruz se coucha. Conchita, Loli et Jacinta allèrent en extase jusqu’à la maison de Mari Cruz en chantant le Rosaire et en arrivant, il semble qu’elles disaient: "voyons, voyons,..., répète-le encore" et alors elles chantèrent ce qui suit:

"Lève-toi, Mari Cruz
Voici la Vierge bonne"
(comme ci-dessus)

"Jolie petite, sainte petite,
Tu es très affectueuse,
Mais tu ne te lèves pas."

"Tu ne te lèves pas, Mari Cruz -
Même si on te chante?"
(elles répétèrent)

    Notre Dame et les voyantes jouèrent à cache-cache au moins quatre fois... La Vierge se laissait voir et disparaissait, pour leur apprendre à la chercher et les préparer à la vie de foi pure et simple, quand les apparitions cesserait (M. Pel.).

    En parvenant à ce point, il nous semble entendre la lecture que I’Eglise applique à la Très Sainte Vierge en la fête de son lmmaculée Conception:

    "Le Seigneur m’a possédée dès le commencement avant de faire quoi que ce soit... J’étais là quand il lança la voûte des cieux... J’étais auprès de lui me concertant avec lui en tout et je me réjouissais chaque jour, jouant sans cesse en sa présence, jouant avec la boule de la terre, et mes délices étaient d’être avec les enfants des hommes" (Prov 8, 22.3!).

    Au sens direct, ce texte se réfère à la Sagesse incréée, la Seconde Personne de la Très Sainte Trinité, le Fils. On l’applique à la Vierge au sens dit accomodatice, eu égard à sa prédestination de Mère de la Sagesse incréée qui devait se faire homme.

    Il n’est pas facile de comprendre l’enseignement contenu dans les "jeux des petites filles avec la Vierge" Nous pourrions y distinguer un double sens ou signification: un, corporel, comme exercice de récréation et de divertissement, un autre, spirituel, la jubiliation paisible et joyeuse qu’il cause dans l’âme. L’un et l’autre tendent à communiquer au corps et à l’esprit repos et soulagement de l’agitation et des occupations de chaque jour.

    Considéré en soi, le jeu constitue une récréation et un divertissement honnêtes. Sa variété en est immense dans ses formes, comme les courses turbulentes des enfants de côté et d’autre, jusqu’à ceux qui supposent un exercice et un effort corporel comme en toute espèce de sport; ou ceux qui tendent à charmer, les cirques, les théâtres, le cinéma, etc; ou exigent une certaine habileté et dextérité personnelle, la prestidigitation, les jeux de hasard et de chance, etc, etc.

    Il est regrettable que la cupidité ait envahi le domaine du jeu, changeant l’honnête divertissement en une impitoyable entreprise lucrative; et, pire encore, faisant du vice et de l’impudicité un objet de vil gain et du plus funeste divertissement avec toutes ses conséquences. Nombreuses sont les âmes qui perdent leur innocence, la santé et la joie en de tels lieux de divertissements.

    Le divertissement chrétien doit avoir ces qualités:

    1°) qu’il soit pur de tout ce qui offense l’honnêteté et la pureté des moeurs, rejetant tout exhibitionnisme qui, par geste ou paroles, stimulent des passions basses et impudiques.

    2°) qu’il soit ordonné, dans les limites des normes de la moralité, de sorte qu’il n’offense pas Dieu ni ne blesse le prochain; qu’il ne retire pas le respect et l’amour des choses saintes; qu’il ne détourne pas du devoir d’état, de la profession, etc.

    3°) qu’il soit sain et joyeux, qu’il soit pour le corps et l’esprit repos et réconfort, comme aussi récupération des énergies dépensées par un travail fatiguant.

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    Vu l’isolement de Garabandal et les moeurs chrétiennes de ses habitants, les divertissements habituels y étaient ouverts et propres. Il n’y avait ni cinéma ni salle de divertissements. Les jours de fête, les bals cessaient au coucher du soleil, et ils étaienttoujours publics. Puis, on rentrait chez soi. Dans une telle ambiance, les divertissements des enfants avaient un caractère de joyeuse simplicité.

    L’ange apparaît aux fillettes jouant aux billes. La Vierge joue avec elles à cache-cache. Un jour, monte à Garabandal un collège de petites filles. Les quatre voyantes se mêlent aux collégiennes et, joyeuses, sautent et jouent à la ronde. Et c’est ainsi que, oh surprise!, elles ont ressenti l’appel de la Vierge; en un instant, elles ont retiré leurs mains de celles de leurs compagnes de jeu et au milieu de la ronde, elles tombent en extase devant les yeux indiciblement stupéfaits de toutes et avec une expression d’indéfinissable joie. La Vierge souriait à toutes les petites filles du collège et à leurs jeux (A. M.).

    Il me semble que Mgr Puchol Montis s’exprima judiciensement dans sa célèbre Note du 17 Mars 1967 quand il affirma que"TOUT AVAIT COMMENCE PAR UN INNOCENT JEU D’ENFANTS...": il n’omit qu’une chose "AVEC LA VIERGE"...! Oui, c’est vrai : "LA VIERGE JOUAIT AVEC LES PETITES FILLES". Enseignons aux enfants ces jeux délicieux.

    "LA VIERGE SE REJOUISSAIT A SE TROUVER AVEC SES ENFANTS…" Se cache-t-elle quelquefois "en jouant à cache-cache"? Nous semble-t-il qu’elle nous retire le réconfort de sa présence?

    Cherchons-la comme des enfants, et notre joie sera sans mesure, quand nous la sentirons nouveau à notre côté.

    Qu’elle est douce et candide la leçon de Garabandal!

Cosio, le 10 Juillet 1978.
Valentin Marichalar Torre, qui fut curé de Garabandal.
traduit par François Turner, Blois, France.