Conchita Parle du Padre Pio

Une interview en exclusivité
 
 
    Le février 1975, l`équipe responsable de Garabandal interviewa Conchita Gonzalez, la principale voyante de Garabandal. Un  magnétophone enregistra questions et réponses. Conchita fut questionnée sur plusieurs sujets ayant trait à Garabandal, et ses réponses seront publiées dans d'autres numéros. Toutefois, Garabandal a jugé bon de publier ici ce qui, dans cette interview, concerne le Padre Pio.

    Les questions prirent point de départ principal des déclarations faites par Sanchez-Ventura dans son livre La Vierge Est-Elle Apparue à Garabandal?, page 129. Les voici:

    Quelques Espagnols ont demandé au Padre Pio s`il croyait à la vérité des apparitions de Garabandal et ils assurent que le Père Capuchin a répondu de son ton sévère habituel: " Vous le demandez encore?... Combien d`apparitions vous faut-il donc, alors qu`elles ont lieu déjà depuis huit mois''.

    Le 3 mars 1962, Conchita reçoit une lettre écrite en italien à la machine, non signée, ne portant sur l'enveloppe aucune adresse d'expéditeur, mais seulement un cachet d'oblitération maculé et illisible. La lettre, où les enfants sont appelées "les petites filles bénies de Saint-Sébastien de Garabandal", affirme comme réelles leurs visions de la Sainte Vierge et se termine par ces mots: "Je vous donne seulement un conseil : priez et faites prier, car le monde entre en perdition. On ne vous croit pas et on ne croit pas vos colloques avec la Dame Blanche ; on y croira quand it sera trop tard."

    Conchita demanda à la Sainte Vierge de qui était cette lettre et la Vision lui assura qu'il s'agissait du Padre Pio.

Conchita, vous souvenez-vous de quelque chose de la lettre mentionnée par Sanchez-Ventura?

    Vous savez, il y a des moments où je me souviens de beaucoup de choses sur les apparitions, à d'autres moments très peu ou même rien du tout, mais il y a quelques faits dont je me souviens à propos de cette lettre. Je me rappelle avoir reçu par la poste une lettre adressée à moi-même et aux trois autres filles, Jacinta, Mari Loli et Mari Cruz. Je m'étonnais de ce qu'elle contenait et, comme elle n'était pas signée, je la mis dans ma poche jusqu'au moment où je vis notre Sainte Mère ce jour-là. Quand elle apparut, je lui montrai la lettre et lui demandai qui nous l'avait envoyée. Notre Sainte Mère dit qu'elle venait du Padre Pio. Ne sachant pas qui était le Padre Pio, je ne la questionnai pas plus avant.

    Après l'apparition, je parlai aux gens de la lettre; il y avait là un séminariste qui m'expliqua ce qu'il en était du Padre Pio et d'où il était. Je lui écrivis alors en lui disant que, lorsqu'il viendrait visiter mon pays, j'aimerais le voir. Il m'écrivit alors une courte lettre me demandant: "crois-tu que je peux venir par la cheminée?" Je n'avais que 12 ans à l'époque. Je ne comprenais pas ce qu'était un monastère.

Vous souvenez-vous de ce qu'il y avait dans la lettre que vous avez montrée à la Sainte Mère?

    Je ne me souviens pas complètement de la lettre. Je me souviens bien comment elle commençait: "Chères petites enfants de Garabandal. Ce matin, la Sainte Vierge m'a parlé de vos apparitions". Je me souviens de ce que la lettre disait aussi: "Eux, les gens ne croient pas à vos apparitions et que vous parlez avec la Sainte Mère. Quand vraiment ils croiront, ce sera trop tard".La lettre disait aussi: "Je vous promets d'être avec vous jusqu'à la fin du temps." C'est tout ce dont je me souviens.

Est-ce que vous avez ces deux lettres?

    Oui. Ma mère les a en Espagne.


LE CADRE HISTORIQUE DE LA VISITE DE CONCHITA AU PADRE PIO

NOTE DE L'DITEUR: Conchita fut et, jusqu'à un certain point, reste encore réticente quand on lui demande des détails sur sa visite du 13 janvier 1966 à Rome. Toutefois, elle dit à "GARABANDAL" le 9 février 1975 qu'elle fut convoquée à Rome par le Cardinal Ottaviani de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (jadis connue sous le nom de Congrégation du Saint-Office). Le Cardinal fit venir Conchita par l'entremise de la Princesse Cécile de Bourbon, dont la famille est proche du Cardinal. La Princesse Cécile, tout comme d'autres, avait visité Garabandal pour voir les extases, mais n'avait pas fait la connaissance de Conchita. Elle se rendit à Garabandal en janvier 1966, précisément pour informer Conchita que le Cardinal Ottaviani désirait la voir.

     Ce fut au cours de ce voyage de 1966 à Rome qu'elle exprima le désir de voir le Pape, ce qu'elle fit, mais elle se refuse à donner des détails sur ce point.(Cette réserve de Conchita sur ce point est normale. Elle démontre son obéissance aux consignes qu'elle a reçues [ Abbé A. Combe ]).

     Conchita fut accompagnée au cours de ce voyage à Rome par sa mère, la Princesse Cécile, le Père Luna, un prêtre de Saragosse que Cochita rencontra pour la première fois lorsqu'il visita Garabandal en 1965, et le Professeur Medi, ex-ambassadeur d'Espagne auprès du Vatican. (J`ai connu M. le Professeur Medi, qui m'a reçu chez lui, dans sa villa de la Via di Torre Gaia, à Rome [Abbé A. Combe]).

Conchita, quand vous fûtes à Rome en 1966, vous êtes allée faire un tour à la Résidence du Padre Pio à San Giovanni Rotondo, en Foggia. Accepteriez-vous de nous parler de la visite que vous lui avez faite?

    Oui, La Princesse Cécile, le Padre Luna et le Profeddeur Medi vinrent au village pour conduire ma mère et moi à Rome.

    Comme nous devions attendre un jour à Rome avant de voir le Cardinal Ottaviani, le Professeur Medi suggéra que nous profitions du temps qui nous restait pour aller à San Giovanni pour vooir le Padre Pio. Nous tombâmes tous d'accord et le Professeur Medi nous conduisit dans une voiture louée jusqu'au monastère. Nous arrivâmes vers 9 heures du soir et l'on nous dit que nous ne pourrions pas voir le Padre Pio avant le lendemain à sa Messe de 5 heures.

    Avant la Messe, le Père Luna et le Professeur se rendirent à la sacristie. Le Professeur Medi me dit plus tard ce qui s'y passa. Il dit que le Père Luna dit au Padre Pio que la Princesses venue d'Espagne était là pour le voir. Padre Pio dit au Père Luna: "Je ne me sens pas très bien et je ne pourrai la voir que plus tard dans la journée". Le Professeur Medi dit alors: "Il y a une autre dame qui veut vous voir. Conchita veut vous voir." Padre Pio demanda: "Conchita de Garabandal?" Le Professeur répondit: "Oui". Le Padre Pio dit alors: "Venez ce matin à 8 heures".

    Quand nous arrivâmes, on nous introduisit dans une petite chambre, une cellule, où se trouvait un lit, une chaise, et une petite table. Je demandai au Padre Pio si c'étaitsa chambre et s'il y dormait ou non, et il répondit: "Oh, non: vous ne pouvez pas voir ma chambre. Ceci est une chambre riche". A cette époque, je ne réalisais pas quel saint était le Padre Pio. Je le sais maintenant. J'étais très jeune en ce temps. Je n'avais que 16 ans.

Qui était dans la chambre avec vous?

    Seulement ma mère, le Père Luna, et un prêtre du monastère qui parlait l'espagnol et prenait beaucoup de photos. Je ne me souviens pas d'y avoir vu la princesse et le professeur.

Pouvez-vous nous dire ce qui fut dit pendant votre visite au Padre Pio?

    Je ne me souviens que de peu de chose. Je me souviens bien que le prêtre qui prenait des photos demanda au Padre Pio la permission de les prendre, et le Padre Pio répondit: "Vous en avez pris depuis que vous êtes entré!".
 
 

La croix de Conchita.
C'est cette croix, baisée par la Sainte Vierge à Garabandal que Conchita présenta au Padre Pio en lui demandant de la bénir.
C'est cette croix qu'elle m'a donnée si souvent chez elle à Garabandal pour la toucher et la vénérer (Ab. A. Combe).

    Je me souviens que j'avais le crucifix baisé par Notre Dame, et je dis au Padre Pio: "Ceci est la croix baisée par la Sainte Mère. Accepteriez-vous de la bénir?". It prit alors mon crucifix baisé par Notre Dame et le plaça dans sa main gauche, sur le stigmate. Il prit ensuite ma main et la plaça sur sa paume, fermant les doigts sur ma main, et de sa main, et de sa main droite il bénit ma main et la croix. Il fit de même pour ma mère quand elle lui demanda: "Voudriez-vous bien bénir ce chapelet qui a été baisé par la Vierge?". (Ce geste du Padre Pio, souligne la joie de l'accueil et l'affection du coeur; il exprime aussi la foi simple et solide pour le Message de N. D. du Carmel à Garabandal  [Abbé A. Combe].

    Je regrette beaucoup de ne pouvoir maintenant me souvenir de ce qu'il me dit. Je sais que j'étais à genoux devant lui tout le temps que je fus là. Il commença à me prendre la main avec la croix tandis qu'il me parlait.

Conchita, des rumeurs persistantes ont couru selon lesquelles vous portiez une jupe courte lorsque vous avez rendu visite au Padre Pio et que, pour cette raison, il fut cassant à votre égard et refusa de vous recevoir. Voulez-vous dire quelque chose à ce sujet?

    Je me souviens bien du manteau que je portais. Il était vert et passé de mode. (Note de l`Éditeur: Conchita montra alors de la main qu`il descendait jusqu`aux mollets). Je portais ce manteau pendant toute la visite au Padre Pio. Peut-être m`a-t-on confondu avec la Princesse de Bourbon. Sa jupe descendait aux genoux. Elle était très élégante.

    Padre Pio fut très amical et bienveillant. Ma mère se souvient très bien de toutes ces choses. Elle dit qu`elle n`oubliera jamais comment le Padre Pio ne cessait de nous bénir, tandis que nous nous en allions.

On rapporte que vous fut donné l`un des voiles qui avaient recouvert le visage du Padre Pio dans son cercueil. Voulez-vous nous dire les circonstances de cet incident?

    Oui. C`était en octobre 1968. Je reçus un soir un télégramme me demandant de venir à Lourdes pour y prendre une lettre du Padre Pio. Le télégramme était signé du Padre Pellegrino. Le Père Combe, de la France, était au village à ce moment, et je lui demandai s` il me conduirait avec ma mère à Lourdes. Nous partîmes la nuit même de l`arrivée du télégramme, et j`oubliai même mon passeport. Quand nous arrivâmes à la douane, il était environ 3 heures du matin, et on me laissa passer quioque je n`eusse ni passeport ni papiers d`aucune sorte. Je leur dis que je ne serais à Lourdes que quelques heures, et on me laissa passer.
 
TEMOIGNAGE DU P. A. COMBE ET DE M. B. L. QUI L`ACCOMPAGNAIT.
    Le récit de Conchita sur son voyage à Lourdes est parfaitement exact sur le fond. Mais des détails n`ont pas été retenus par sa mémoire; d`autres sont même à rectifier. Cela s`explique par la rapidité avec laquelle les choses ont été vécues et les difficultés des langues qui nous séparaient, l`espagnol, l`italien et le français.
  1. 1  Le télégramme parvenu à Garabandal, à la fin de l`après-midi du 16 octobre 1968, était envoyé de Lourdes et était signé du nom d`une Dame de Rome, connue de Conchita.
  2. 2  Le passage de la frontière sans les passeports nous posa une grosse difficulté et nous retarda de six heures... Finalement, la prière du Padre Pio s`en mêla et nous fit accorder d`une façon inespérée un passeport de faveur de M. le Gouverneur Militaire d`Irun. Il nous fallait bien ça!...
  3. 3  Le P. Pellegrino est bien le frère en religion du Padre Pio, à San Giovanni, qui le soigna au cours de sa dernière maladie et qui était auprès de lui quand il mourut. C`est bien le P. Pellegrino qui écrivit sous la dictée du Padre Pio le message personnel pour Conchita. Mais, ce ne fut pas lui, qui l`apporta à Lourdes. Le religieux dont Conchita évoque la présence à Lourdes était le P. B. Franciscain du couvent de Benevento (Italie). Evidement, ce religieux connaisait bien le Padre Pio et le P. Pellegrino, dont il pouvait se faire le porte parole autorisé auprès de Conchita, à Lourdes.
  4. 4  J`ai écrit le récit complet et détaillé de ces heures inoubliables, où l`action de la Providence nous conduisit avec tant de signes de sa divine bonté; mais nous ne saurions le publier sans l`autorisation de Conchita.
  5. 5  De retour à Garabandal, Conchita eut la délicatesse de me donner en souvenir de cette visite à Lourdes une voile-relique du Padre Pio.            [Abbé A. Combe]

    Pendant que j`étais là, Padre B... me donna une lettre venant du Padre Pio et un morceau du voile qui couvrit le visage du Padre Pio dans son cercueil. En me le donnant, Padre B... me dit: "avant de mourir, Padre Pio a donné un message pour toi et il a dit: "Quand je mourrai, le voile qui couvrira ma figure doit être donne à Conchita". Padre B... me dit ensuite qu'il n'avait pas cru aux apparitions avant que le Padre Pio eut dit cela.

    Je dis au Padre B... : "Comment se fait-il que la Vierge m`a dit que le Padre Pio devrait voir le miracle, et il est mort?". Padre B... me dit: "Il vit le miracle avant de mourir". Il dit que le Padre Pio l`avait dit.

    Je ne restai que deux heures à Lourdes. Quand je rentrai chez moi, je me mis à écrire toute l`histoire à Elisa Bayot (Elisa Bayot, qui vit à Madrid, fut témoin de beaucoup des extases de Garabandal. Elle se lia d`amitié avec Conchita, et toutes deux ont correspondu des années durant.) J`avais le voile devant moi tandis que j`écrivais, lorsque tout à coup toute la chambre fut remplie d`un  parfum. J`avais entendu parler des parfums du Padre Pio mais sans y faire beaucoup attention. La chambre sentait si fort et si bon que je me mis à pleurer. C`était la première fois que je faisais cette expérience. Tout cela arriva après sa mort.

En pensant à la vie du Padre Pio comme prêtre, et au grand souci de Notre Dame pour ses fils prêtres, y a-t-il un commentaire que vous aimeriez faire?

    Je voudrais dire à propos des prêtres et pour tout le monde, que les choses vont mal: il y a de la confusion dans l`Eglise, et beaucoup de prêtres agissent mal. Le mauvais exemple qu`ils donnent est dû au manque de prière et au manque de sacrifice.



NOTE DE L'EDITEUR:    La "lettre du Padre Pio" dont parle Conchita n'était pas de sa main. C`était un message venant du Padre Pio, mais rédigé par le Père Pellegrino. La photographie de ce document de cette lettre-message le prouve. Voici sa traduction:
22 août 1968
Couvent des Capuchins, S. Marie de la Grâce, 71013 Giovanni
Rotondo (Foggia) Italie.
Pour Cochita.
P. Pio a dit: ... "Je prie la Très Sainte Vierge de la réconforter et de la guider toujours vers la sainteté. Je la bénis de tout mon coeur."
P. Pellegrino
     Ce qui suit est un extrait d`une lettre, datée du 4 juillet 1969, du Père Bernadino Cennamo, O.F.M., Supérieur du Monastère de San Giovanni Rotondo. Une photographie de cette lettre se trouve dans les archives de Garabandal, mis son destinataire a demandé qu`on ne publie pas son nom.
     Ce même extrait a été publié dans le livre du Père Pelletier, OUR LADY COMES TO GARABANDAL, page 228:
     De son vivant, Padre Pio a garanti l`authenticité des apparitions de la Sainte Vierge. Il rencontra Conchita à San Giovanni Rotondo. Même dans les derniers jours de sa vie, il en parlait à ses Frères en religion, et il laissa un message pour la principale protagoniste des apparitions. Ce message, confié à son Frère en religion le Père Pellegrino, fut remis à Conchita en octobre de l`an dernier, en ma présence.